La gestion des forêts peut obéir à divers objectifs, comme la «production» (de produits ligneux ou non ligneux, le plus souvent), la conservation de la biodiversité ou encore la fourniture de services sociaux. Pour l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, les pays ont été invités à fournir des informations sur la situation et l’évolution de leurs forêts en fonction de leur affectation, c’est-à-dire du principal objectif fixé s’agissant de leur gestion et de leur utilisation. L’objection de gestion considéré comme «principal» est celui qui prédomine nettement sur les autres objectifs, et la superficie forestière indiquée pour un objectif de gestion principal donné ne doit pas être comptabilisée au titre d’un autre objectif de gestion principal: les affectations s’excluent mutuellement. Il convient néanmoins de noter que l’objectif de gestion principal n’exclut pas que d’autres bénéfices ou effets positifs soient attendus. Par exemple, des forêts naturelles de production gérées de manière durable – pour lesquelles l’objectif principal pourrait être la production de bois – peuvent habituellement contribuer aussi à la protection du sol et de l’eau, à la conservation de la biodiversité et à la fourniture de services sociaux. De même, les forêts gérées principalement dans un but de protection du sol et de l’eau pourraient contribuer également à la production de bois, à la conservation de la biodiversité et à d’autres objectifs de gestion.
Six grands objectifs de gestion ont été identifiés pour l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025:
Production – de bois d’œuvre, de fibres, de bioénergie et/ou de produits forestiers non ligneux (PFNL).
Protection du sol et de l’eau.
Conservation de la biodiversité – cette catégorie comprend, entre autres, les superficies affectées à la conservation de la biodiversité à l’intérieur d’aires protégées.
Services sociaux – activités récréatives, tourisme, formation, recherche, conservation des sites d’importance culturelle/spirituelle, etc.
Usages multiples – combinaison de plusieurs objectifs, dont aucun n’est sensiblement plus important que les autres. Cette catégorie inclut toute combinaison des fonctions suivantes: production, protection du sol et de l’eau, conservation de la biodiversité et fourniture de services sociaux.
Autre – objectifs autres que la production, la protection du sol et de l’eau, la conservation de la biodiversité, les services sociaux et des usages multiples.
Les superficies de forêts non déclarées dans l’une de ces catégories ont été classées sous l’affectation «inconnue».
Ce chapitre propose un aperçu général des objectifs de gestion affectés aux forêts des 236 pays et territoires couverts par l’évaluation ainsi qu’une analyse de la situation et de l’évolution de chaque catégorie d’affectation. Il convient de noter que les valeurs indiquées dans l’aperçu général pour les objectifs de gestion principaux peuvent différer de celles présentées dans l’analyse par catégorie d’affectation, qui ont été calculées uniquement pour les pays ayant communiqué des données. Dans l’aperçu général, les valeurs ont été calculées pour la superficie forestière mondiale totale, les forêts des pays non ayant communiqué des données ayant été comptabilisées dans l’affectation «inconnue».
Outre l’objectif de gestion principal, des informations ont été recueillies sur la superficie forestière se trouvant à l’intérieur d’aires protégées juridiquement constituées et sur la superficie forestière soumise à un plan de gestion à long terme. La superficie et le pourcentage de forêt bénéficiant d’une protection officielle sont un indicateur de la manière dont les pays répondent au besoin de conserver et protéger les écosystèmes forestiers ainsi que les services procurés par ces derniers. Pour l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, les pays ont été priés de fournir des informations sur la superficie forestière se trouvant à l’intérieur d’aires protégées juridiquement constituées correspondant aux catégories d’aires protégées I à IV de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN, non daté).
La superficie et le pourcentage de forêt soumise à un plan de gestion à long terme documenté et faisant l’objet d’une révision régulière constituent un indicateur important de la volonté de gérer les ressources forestières de manière durable. La superficie forestière se trouvant à l’intérieur d’aires protégées et la superficie forestière soumise à un plan de gestion à long terme sont également des composantes de l’indicateur 15.2.1 («progrès en matière de gestion durable des forêts») des ODD, qui est transmis chaque année par la FAO à la Division de statistique de l’ONU.
Le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal (CDB, 2022), les objectifs de développement durable du Programme de développement durable à l’horizon 2030 (Assemblée générale des Nations Unies, 2015), les objectifs et cibles mondiaux relatifs aux forêts définis dans le Plan stratégique des Nations Unies sur les forêts (Assemblée générale des Nations Unies, 2017), et d’autres processus mondiaux ont souligné la nécessité de prendre des mesures de restauration des forêts afin de remédier aux problèmes de dégradation d’écosystèmes critiques et de déforestation à grande échelle, d’assurer le maintien des services écosystémiques, d’atténuer l’appauvrissement de la biodiversité et d’accroître la résilience face aux changements climatiques. L’Organisation des Nations Unies a proclamé la période 2021-2030 Décennie pour la restauration des écosystèmes dans le but de mettre fin à la dégradation des écosystèmes et d’encourager leur restauration. Par conséquent, afin de mieux comprendre les efforts déployés pour restaurer les forêts dans le monde, des données ont été recueillies, dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, sur les engagements actuels en matière de restauration et les aspects associés, comme les prescriptions légales, les définitions nationales, les zones identifiées comme nécessitant des interventions de restauration des forêts, les objectifs de restauration, et l’état d’avancement des mesures de restauration des forêts.
L’analyse des objectifs de gestion principaux pour les 236 pays et territoires couverts par l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025 fait apparaître que la production arrive en première position, avec 29 pour cent de la superficie forestière mondiale totale, suivie des usages multiples (15 pour cent), de la conservation de la biodiversité (12 pour cent), de la protection du sol et de l’eau (9 pour cent), et de la fourniture de services sociaux (5 pour cent) (figure 29). L’affectation «autre» – qui correspond principalement à des objectifs de gestion propres à un contexte national, par exemple associant des considérations militaires, la conservation, la recherche, la protection (contre des dommages industriels ou relatifs au climat, par exemple) et le développement – couvre 7 pour cent de la superficie forestière mondiale. Quatre pour cent de la superficie forestière mondiale n’a aucune affectation particulière, et l’objectif de gestion principal est inconnu pour les 18 pour cent restants des forêts de la planète.
De toutes les régions, c’est l’Europe qui présente la plus grande part de forêt affectée à la production, à savoir 53 pour cent. L’Europe affiche aussi le plus faible pourcentage de forêt affectée à la conservation de la biodiversité, avec 4 pour cent (figure 30). Toutefois, si l’on exclut les données de la Fédération de Russie, le pourcentage de forêt affectée à la production en Europe tourne autour de 40 pour cent, ce qui reste le taux le plus élevé de toutes les régions, tandis que le pourcentage de forêt affectée à la conservation de la biodiversité correspond à la moyenne mondiale de 12 pour cent.
On trouve en Afrique les pourcentages les plus élevés de forêt affectée à des usages multiples et à la conservation de la biodiversité, soit 40 pour cent et 20 pour cent, respectivement. Dans cette région, la République démocratique du Congo et la Zambie ont déclaré les plus grandes superficies de forêt affectée à la conservation de la biodiversité.
C’est en Asie que le pourcentage de forêt affectée principalement à la protection du sol et de l’eau est le plus important (20 pour cent de la superficie forestière), mais l’objectif de gestion qui prédomine dans la région est la production avec 31 pour cent de la superficie forestière; la Chine et l’Indonésie affichent les plus vastes superficies de forêt affectée à ces deux objectifs. La fourniture de services sociaux arrive en tête des objectifs de gestion principaux connus en Amérique du Sud (où la plus grande part de forêt est classée dans la catégorie d’affectation «inconnue»), avec 18 pour cent, qui est également le pourcentage le plus élevé de toutes les régions pour la superficie forestière affectée principalement à des services sociaux. Le Brésil a déclaré la plus grande superficie forestière affectée aux services sociaux, avec près d’un tiers de la superficie forestière totale du pays.
L’Océanie présente la part la plus importante dans la catégorie «inconnue», ce qui s’explique principalement par un manque de données sur les objectifs de gestion en Australie.
Situation. Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des informations sur la superficie forestière affectée principalement à la production en 2025 ont été reçues de 197 pays et territoires représentant 98 pour cent de la superficie forestière mondiale. Sur l’ensemble de la planète, la superficie forestière affectée à cet objectif est estimée à 1,20 milliard d’hectares, ce qui équivaut à 30 pour cent de la superficie forestière des pays et territoires ayant communiqué des données (tableau 56). L’Europe possède la plus grande superficie forestière dans cette catégorie, avec 548 millions d’hectares. Si l’on exclut les données de la Fédération de Russie, on arrive à une estimation de 83,0 millions d’hectares de forêt affectée à la production en Europe. La région qui occupe la seconde place à cet égard est l’Amérique du Nord et centrale avec 222 millions d’hectares (29 pour cent de la superficie forestière), suivie de l’Asie avec 192 millions d’hectares (32 pour cent).
Six pays et territoires ont déclaré que 80 pour cent ou plus de leur superficie forestière était affectée principalement à la production; sur les dix pays et territoires dont le pourcentage de forêt affectée principalement à la production est le plus élevé, six se trouvent en Europe (tableau 57).
Évolution. Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des séries chronologiques sur la superficie forestière affectée principalement à la production ont été reçues de 188 pays et territoires représentant 92 pour cent de la superficie forestière mondiale. La superficie forestière concernée a reculé de 29,8 millions d’hectares entre 1990 et 2025, suivant différents schémas selon les périodes et les régions (tableau 58). Elle a diminué de 2,70 millions d’hectares par an sur la période 1990-2000 et de 1,49 million d’hectares par an en 2000-2015, avant de progresser de 1,97 million d’hectares par an en 2015-2025. Cette récente inversion de tendance est principalement imputable à l’Europe et en particulier à la Fédération de Russie, qui a fait état d’une hausse annuelle de la superficie forestière affectée principalement à la production de 4,57 millions d’hectares entre 2015 et 2025. Sur l’ensemble de l’Europe, la superficie forestière affectée à cette destination a fléchi pour passer de 55 pour cent à 54 pour cent entre 1990 et 2025. La part de la forêt affectée principalement à la production s’est fortement contractée en Asie, passant de 42 pour cent en 1990 à 32 pour cent en 2025. Elle a légèrement décliné en Afrique pendant la période considérée et est restée stable en Océanie. En revanche, elle a augmenté en Amérique du Sud durant la période de 35 ans, passant de 8 pour cent en 1990 à 11 pour cent en 2025. L’Amérique du Nord et centrale a également fait état d’une légère hausse du pourcentage de la superficie forestière affectée à la production depuis 1990 (Figure 31).
Situation. Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des informations sur la superficie forestière affectée principalement à des usages multiples en 2025 ont été reçues de 175 pays et territoires représentant 81 pour cent de la superficie forestière mondiale. La superficie forestière affectée à cet objectif est estimée à 617 millions d’hectares, soit 18 pour cent de la superficie totale de forêt des pays et territoires ayant communiqué des données (tableau 59). La région qui arrive en tête à cet égard est l’Afrique avec 263 millions d’hectares, soit 43 pour cent de la superficie forestière des pays et territoires ayant communiqué des données d’Afrique – le pourcentage le plus élevé de toutes les régions. L’Afrique du Nord atteint même 72 pour cent, la Libye, le Maroc, la Mauritanie, le Soudan et le Soudan du Sud ayant tous déclaré des valeurs supérieures ou égales à 72 pour cent (et l’Égypte 99 pour cent). Au niveau mondial, 18 pays et territoires ont indiqué que 100 pour cent de leur forêt était affectée à des usages multiples (tableau 60).
Évolution. Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des séries chronologiques sur la superficie forestière affectée principalement à des usages multiples ont été reçues de 167 pays et territoires représentant 73 pour cent de la superficie forestière mondiale. La superficie forestière affectée à cette destination a diminué de 97,5 millions d’hectares entre 1990 et 2025, à un rythme plus rapide au cours de la dernière décennie (tableau 61). La baisse annuelle moyenne s’est établie à 1,36 million d’hectares pendant la période 1990-2000, à 268 000 hectares en 2000-2015 et à 7,99 millions d’hectares en 2015-2025. Le recul particulièrement marqué sur la dernière période est principalement imputable au Canada, où la superficie forestière affectée à des usages multiples a été divisée par plus de deux, certaines forêts déclarées auparavant dans cette catégorie ayant été reclassées comme affectées à la conservation de la biodiversité ou à d’autres objectifs de gestion.
La superficie forestière affectée à des usages multiples a décliné entre 1990 et 2025 en Afrique, en Amérique du Nord et centrale et en Océanie, tandis qu’elle a progressé en Amérique du Sud, en Asie et en Europe (figure 32). Dans chaque région, le pourcentage est resté relativement stable sur la période, à l’exception de l’Amérique du Nord et centrale où il a diminué, passant de 27 pour cent à 17 pour cent, principalement du fait du Canada (pour les raisons indiquées plus haut).
Situation. Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des informations sur la superficie forestière affectée principalement à la protection du sol et de l’eau en 2025 ont été reçues de 175 pays et territoires représentant 90 pour cent de la superficie forestière mondiale. La superficie forestière affectée à cette destination est estimée à 386 millions d’hectares, soit 10 pour cent de la superficie totale de forêt des pays et territoires ayant communiqué des données (tableau 62). L’Europe arrive en tête en termes de superficie forestière affectée à la protection du sol et de l’eau avec 173 millions d’hectares (17 pour cent de la superficie totale de forêt de la région), principalement du fait de la Fédération de Russie, qui pèse pour 40 pour cent dans le total mondial avec 153 millions d’hectares de forêt dans cette catégorie. La deuxième région est l’Asie avec 124 millions d’hectares affectés à la protection du sol et de l’eau, soit 21 pour cent de la superficie forestière des pays et territoires ayant communiqué des données d’Asie – le pourcentage le plus élevé de toutes les régions.
Parmi les sous-régions, les Caraïbes et l’Asie de l’Ouest et centrale affichent les pourcentages les plus élevés de forêt affectée principalement à la protection du sol et de l’eau, chacune avec 41 pour cent. Pour les Caraïbes, Cuba a indiqué que plus de la moitié de ses forêts (51 pour cent) étaient affectées à cette destination; en Asie de l’Ouest et centrale, ce sont l’Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizistan et l’Ouzbékistan qui présentent les pourcentages les plus élevés de forêt affectée principalement à la protection du sol et de l’eau (54 pour cent ou plus) (tableau 63). Le pourcentage de forêt affectée principalement à la protection du sol et de l’eau dépasse 90 pour cent dans trois pays et territoires, à savoir Kiribati, les Îles Wallis-et-Futuna et la Tunisie.
Évolution. Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des séries chronologiques sur la superficie forestière affectée principalement à la protection du sol et de l’eau ont été reçues de 168 pays et territoires représentant 85 pour cent de la superficie forestière mondiale. La superficie forestière affectée à cet objectif a augmenté de 123 millions d’hectares entre 1990 et 2025 (tableau 64). La plus forte progression a eu lieu entre 2015 et 2025, à un rythme annuel moyen de 6,39 millions d’hectares – très supérieur à celui de 2000-2015 (2,28 millions d’hectares par an) et de 1990-2000 (2,53 millions d’hectares par an). Cette hausse majeure s’explique principalement par l’évolution en Fédération de Russie, où l’augmentation annuelle moyenne de la superficie affectée principalement à la protection du sol et de l’eau est passée de 1,10 million d’hectares en 2000-2015 à 6,53 millions d’hectares en 2015-2025.
À l’exception de l’Afrique et de l’Amérique du Nord et centrale, toutes les régions ont fait état d’une hausse de cette superficie entre 1990 et 2025. En Afrique, le pourcentage de forêt affectée à la protection du sol et de l’eau est passé de 4 pour cent en 1990 à 5 pour cent en 2025, malgré une diminution de la superficie forestière affectée à cette fin (figure 33). Il n’y a eu quasiment aucun changement en Océanie au cours des 35 années considérées.
Situation. Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des informations sur la superficie forestière affectée principalement à la conservation de la biodiversité en 2025 ont été reçues de 200 pays et territoires représentant 98 pour cent de la superficie forestière mondiale. La superficie affectée à cette destination est estimée à 482 millions d’hectares, soit 12 pour cent de la superficie forestière des pays et territoires ayant communiqué des données (tableau 65).
C’est l’Afrique qui possède la plus grande superficie forestière affectée à la conservation de la biodiversité, avec 130 millions d’hectares. Ce chiffre représente 20 pour cent de la superficie forestière des pays et territoires ayant communiqué des données de la région, soit le pourcentage le plus élevé de toutes les régions. L’Europe affiche le pourcentage le plus bas avec 4 pour cent (bien qu’il passe à 13 pour cent si l’on exclut les données de la Fédération de Russie).
Trois pays et territoires – l’Île Norfolk, Saint-Martin (partie française) et Tonga – ont indiqué que plus de 75 pour cent de leur forêt était affectée principalement à la conservation de la biodiversité (tableau 66).
Évolution. Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des séries chronologiques sur la superficie forestière affectée principalement à la conservation de la biodiversité ont été reçues de 190 pays et territoires représentant 95 pour cent de la superficie forestière mondiale. La superficie forestière affectée à cette destination a progressé de 118 millions d’hectares entre 1990 et 2025, la hausse la plus importante s’étant produite entre 2000 et 2015 (tableau 67). Le rythme annuel moyen d’augmentation est d’abord passé de 1,79 million d’hectares sur la période 1990-2000 à 4,19 millions d’hectares en 2000-2015 avant de redescendre à 3,75 millions d’hectares en 2015-2025. Au niveau mondial, le pourcentage de forêt affectée principalement à la conservation de la biodiversité a augmenté, passant de 7 pour cent en 1990 à 12 pour cent en 2025.
La superficie forestière affectée à la conservation de la biodiversité a progressé dans toutes les régions entre 1990 et 2025. Elle a été multipliée par près de deux en Amérique du Nord et centrale sur la période et par plus de deux (passant de 18,4 millions d’hectares à 43,6 millions d’hectares) en Europe (hors données de la Fédération de Russie). Le pourcentage de forêt affectée à la conservation de la biodiversité a considérablement augmenté en Afrique, où il est passé de 14 pour cent en 1990 à 20 pour cent en 2025 (figure 34).
En Asie, la hausse de la superficie forestière affectée à la conservation de la biodiversité tient principalement aux données communiquées par la Chine, où cette superficie a été multipliée quasiment par sept entre 1990 et 2025. En Amérique du Sud, la superficie forestière affectée à cette destination a régressé de 301 000 hectares par an entre 1990 et 2000 mais a augmenté ensuite de 51 100 hectares par an en 2000-2015 et de 397 000 hectares par an en 2015-2025. Cette situation traduit des diminutions de la superficie forestière gérée dans une optique de conservation de la biodiversité au Brésil à chacune des trois périodes analysées et une hausse marquée entre 2015 et 2025 en République bolivarienne du Venezuela.
Situation. Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des informations sur la superficie forestière affectée principalement à des services sociaux en 2025 ont été reçues de 170 pays et territoires représentant 89 pour cent de la superficie forestière mondiale. La superficie totale affectée à cette destination est estimée à 221 millions d’hectares, soit 6 pour cent de la superficie forestière des pays et territoires ayant communiqué des données (tableau 68).
L’Amérique du Sud affiche à la fois la plus grande superficie forestière affectée principalement à des services sociaux (154 millions d’hectares) et le pourcentage de loin le plus élevé de cette catégorie de forêt (23 pour cent). Cette superficie est composée presque entièrement des forêts déclarées par le Brésil, à savoir 153 millions d’hectares, soit près d’un tiers de la superficie forestière totale du pays et 69 pour cent de la superficie des forêts du monde affectées à des services sociaux.
La superficie affectée principalement à des services sociaux dépasse 10 pour cent de la superficie forestière totale dans dix pays et territoires, Singapour se classant premier avec 79 pour cent des forêts du pays (tableau 69).
Évolution. Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des séries chronologiques sur la superficie forestière affectée principalement à des services sociaux ont été reçues de 163 pays et territoires représentant 83 pour cent de la superficie forestière mondiale. La superficie affectée à cette destination a augmenté de 79,2 millions d’hectares entre 1990 et 2025, la plus forte hausse ayant eu lieu au cours de la dernière décennie (tableau 70).
La superficie forestière affectée principalement à des services sociaux a progressé dans toutes les régions à l’exception de l’Europe et de l’Océanie entre 1990 et 2025. La hausse a été particulièrement marquée du point de vue des pourcentages en Amérique du Sud, où la part de ces forêts a doublé, passant de 13 pour cent de la superficie forestière totale en 1990 à 26 pour cent en 2025, et en Asie, où elle est passée de 1 pour cent à 4 pour cent (figure 35). Les 17 pays et territoires d’Océanie ayant communiqué des données sur cette variable ont tous indiqué n’avoir aucune forêt affectée principalement à des services sociaux.
Situation. Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des informations sur la superficie forestière se trouvant à l’intérieur d’aires juridiquement protégées en 2025 ont été reçues de 215 pays et territoires représentant 100 pour cent de la superficie forestière mondiale. La superficie totale de forêt dans des aires protégées est estimée à 813 millions d’hectares, soit 20 pour cent de la superficie forestière mondiale (tableau 71). La figure 36 donne un aperçu du pourcentage de forêt dans des aires protégées dans le monde.
Note: Veuillez-vous reporter à la clause de non-responsabilité à la page ii relative aux noms et aux frontières qui figurent sur cette carte. Les pointillés correspondent approximativement à la ligne de contrôle au Jammu-et-Cachemire convenue par l’Inde et le Pakistan. Les parties n’ont pas encore réglé la question du statut définitif du Jammu-et-Cachemire. Le tracé définitif de la frontière entre la République du Soudan et la République du Soudan du Sud n’a pas encore été défini.Le statut définitif de la zone d’Abyei n’est pas encore déterminé.
Sur l’ensemble des régions, l’Europe présente la plus grande superficie forestière dans des aires protégées, avec 235 millions d’hectares, soit 23 pour cent de la superficie forestière de la région. L’Asie affiche le pourcentage le plus élevé de forêt à l’intérieur d’aires protégées avec 26 pour cent (figure 37), en grande partie du fait de l’Indonésie, deuxième pays au monde (derrière la Fédération de Russie) en termes de superficie forestière juridiquement protégée, et de la Chine. Quatre pays et territoires ont indiqué que 90 pour cent ou plus de leur forêt se trouvait à l’intérieur d’aires protégées juridiquement constituées (tableau 72).
Évolution. Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des séries chronologiques sur la superficie forestière se trouvant à l’intérieur d’aires protégées ont été reçues de 188 pays et territoires représentant 94 pour cent de la superficie forestière mondiale. La superficie des forêts de cette catégorie a progressé de 251 millions d’hectares entre 1990 et 2025, bien que la hausse annuelle moyenne ait été divisée par plus de deux entre 2000-2015 et 2015-2025 pour passer de 9,99 millions d’hectares à 4,11 millions d’hectares (tableau 73). La superficie forestière à l’intérieur d’aires juridiquement protégées a augmenté dans toutes les régions entre 1990 et 2025 – elle a quasiment doublé en Amérique du Nord et centrale, principalement du fait des hausses déclarées par le Canada et les États-Unis d’Amérique, et en Amérique du Sud (figure 38). Le pourcentage de forêt à l’intérieur d’aires juridiquement protégées a triplé en Europe (hors données de la Fédération de Russie) pour passer de 7 pour cent à 22 pour cent entre 1990 et 2025.
Situation. Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des informations sur la superficie forestière soumise à un plan de gestion à long terme en 2025 ont été reçues de 149 pays et territoires représentant 93 pour cent de la superficie forestière mondiale. Plus de 2 milliards d’hectares de forêt sont soumis à des plans de gestion dans ces pays et territoires (environ 55 pour cent de la superficie totale de forêt des pays et territoires ayant communiqué des données), mais avec des écarts considérables entre les régions (tableau 74). Près de la moitié (46 pour cent) de la superficie totale de forêt soumise à un plan de gestion à long terme se trouve en Europe, et en particulier en Fédération de Russie. L’Europe affiche aussi le pourcentage le plus élevé de forêt soumise à un plan de gestion à long terme (94 pour cent), tandis que l’Amérique du Sud présente le taux le plus faible (19 pour cent) (figure 39).
Évolution. Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des informations sur la superficie forestière soumise à un plan de gestion à long terme ont été reçues de 124 pays et territoires représentant 88 pour cent de la superficie forestière mondiale. D’après ces données, la superficie forestière soumise à un plan de gestion a augmenté de 365 millions d’hectares entre 1990 et 2025 (tableau 75).
Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des données ont été recueillies concernant les engagements des pays et territoires en matière de restauration des forêts et des aspects associés, comme les prescriptions légales, ainsi que sur les définitions nationales, les zones identifiées comme nécessitant des interventions de restauration des forêts, les objectifs de restauration et l’état d’avancement des mesures de restauration des forêts.
L’analyse des données communiquées montre un tableau complexe d’engagements, d’objectifs de restauration et de réalisations. Au total, 153 pays et territoires, représentant 94 pour cent de la superficie forestière mondiale, ont indiqué avoir pris des engagements en matière de restauration des forêts. Sur ce nombre, 128 pays – représentant 90 pour cent de la superficie forestière mondiale – ont déclaré avoir des cadres législatifs en place en faveur de la restauration des forêts; ainsi, la majorité des engagements en la matière sont appuyés par des prescriptions légales. Cependant, 28 pays et territoires ayant pris des engagements dans ce domaine n’ont pas de socle légal officiel en matière de restauration des forêts, et beaucoup d’entre eux ont précisé se reposer sur des projets financés par des donateurs ou sur des stratégies d’initiative locale.
Cinquante-cinq pays et territoires couvrant 62 pour cent de la superficie forestière mondiale ont déclaré avoir des définitions nationales de la restauration des forêts. Les termes qui reviennent le plus souvent dans les définitions nationales indiquées sont liés aux activités et aux objectifs associés aux différents types de restauration des forêts. Ces termes comprennent la restauration écologique, le reboisement, la régénération, l’amélioration des fonctions des forêts, le boisement, les gains structurels, la régénération naturelle, la remise en état, et l’augmentation du couvert forestier. Les définitions mentionnent également la promotion du bien-être humain, la reproduction des espèces, la protection, les services écosystémiques, les bénéfices économiques, les biens, le rétablissement des espèces indigènes, la gestion des paysages, les efforts de restauration à long terme, la gestion forestière, l’amélioration de la biomasse forestière, et le maintien de l’intégrité des forêts.
Le manque de définitions internationales de la restauration des forêts et de la dégradation des forêts entrave la mesure et l’analyse fiables de la restauration des forêts. La diversité des contextes géographique, économique, social et environnemental dans lesquels les termes sont appliqués complique également la situation.
Quatre-vingt-onze pays et territoires représentant 69 pour cent de la superficie forestière mondiale ont déclaré collectivement s’être engagés à restaurer plus de 190 millions d’hectares de forêt (tableau 76). Sur ces 91 pays et territoires, 55 ont indiqué avoir obtenu des résultats en rapport avec leurs engagements; 36 pays et territoires – s’étant engagés au total à restaurer plus de 69 millions d’hectares de forêt – n’ont pas fait état de progrès quantifiés.
La superficie forestière réellement restaurée en 2025, telle que déclarée par 70 pays et territoires représentant 42 pour cent (1,75 milliard d’hectares) de la superficie forestière mondiale, est estimée à 44 millions d’hectares, soit 23 pour cent des 190 millions d’hectares prévus dans les engagements.
Le degré d’avancement de la mise en œuvre des engagements pris est très variable selon les régions compte tenu des différences existant dans les objectifs de restauration fixés, leur calendrier et les progrès réalisés dans ce domaine. Il convient de noter toutefois que les données présentées ici doivent être considérées avec prudence car elles ne sont pas forcément représentatives pour toutes les régions.
Quarante-neuf pays et territoires ont déclaré des objectifs de restauration des forêts pour 2030, en phase avec les objectifs du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal et de la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes (2021-2030). Cette concentration temporelle témoigne d’un consensus mondial sur le besoin urgent de restaurer les forêts et englobe quelque 177 millions d’hectares à restaurer, dont on estime que 27 millions d’hectares l’ont été à ce jour.
Quatre pays et territoires ont indiqué des engagements de restauration à plus long terme (par exemple à l’horizon 2045 ou 2025), mais la plupart des pays et territoires ont fait état d’objectifs fixés entre 2020 et 2030. Onze pays ont déclaré des objectifs de restauration par zone géographique sans indiquer d’année quant à leur réalisation.