La FAO coordonne les évaluations des ressources forestières mondiales depuis 1946. Le présent rapport rend compte des informations recueillies auprès de 236 pays et territoires pour une cinquantaine de variables portant sur l’étendue, l’état, les utilisations et la valeur des forêts à six points de l’échelle de temps: 1990, 2000, 2010, 2015, 2020 et 2025.
En s’appuyant sur près de 80 années d’expérience (FAO, 2018a), par rapport à FRA 2020, l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025 a augmenté la participation des pays, renforcé et étendu le réseau de correspondants nationaux, réduit la charge de travail liée à la communication d’information pour les membres, proposé davantage d’activités de renforcement des capacités, et amélioré la disponibilité, la transparence et la qualité des données. FRA 2025 a également été l’occasion pour la FAO d’amorcer une transition vers des modalités plus souples d’élaboration de rapports, ouvrant la voie à de nouveaux progrès dans la collecte de données sur les forêts au niveau mondial.
Depuis 2005, les évaluations des ressources forestières mondiales se fondent sur des rapports nationaux élaborés par un réseau mondial de correspondants nationaux officiellement désignés, qui sont chargés de compiler les données nationales destinées aux rapports FRA et de transmettre ces derniers à l’équipe FRA. Pour FRA 2025, 197 correspondants nationaux ont été désignés, soit sept de plus que pour FRA 2020 et un record dans l’histoire des évaluations des ressources forestières mondiales. En outre, 178 correspondants suppléants ont été nommés.
Les correspondants nationaux et leurs suppléants ont coordonné et rassemblé les informations d’autres collaborateurs afin de compiler leurs rapports nationaux. Près de 600 contributeurs étaient enregistrés sur la plateforme FRA à la fin du processus de collecte de données et ont participé directement à l’élaboration des rapports nationaux.
Dans l’optique de rationaliser encore davantage les processus de collecte et de communication de données sur les forêts et de mieux faire connaître la mission de la FAO de faciliter et de coordonner ce travail, la FAO a organisé six webinaires ciblés sur les pays de l’Asie du Sud-Est, de l’Afrique de l’Ouest et centrale et de la Mésoamérique afin d’informer sur le processus d’élaboration des rapports FRA et ses connexions avec d’autres processus d’établissement de rapports, notamment dans le contexte du Cadre de transparence renforcée et des ODD. Les webinaires ont favorisé l’échange d’informations et de connaissances entre les points focaux nationaux pour la CCNUCC et les ODD, entre autres. Au total, ces webinaires ont réuni 232 participants travaillant dans 44 institutions de 24 pays du monde (FAO, 2021).
Renforcer les capacités et stimuler les échanges entre les correspondants nationaux FRA et avec la FAO est essentiel pour produire des évaluations des ressources forestières mondiales de qualité et assurer la cohérence et la continuité des données. À ses 23e et 24e sessions en 2016 et 2018, le Comité des forêts de la FAO a recommandé à la FAO «d’aider les pays à renforcer la collecte, l’analyse et la diffusion de données sur les forêts en vue d’étayer le cadre national des indicateurs des ODD et de faciliter la rédaction des rapports établis par les pays», «de continuer à étudier les possibilités de nouveaux outils et de techniques novatrices en vue d’améliorer encore l’aide prêtée aux membres en matière de collecte, d’analyse et de communication de données sur les forêts et sur des questions s’y rapportant» et «d’apporter un appui aux pays sous forme d’outils, de méthodes et d’activités de renforcement des capacités, afin que ceux-ci puissent produire de meilleures données et autres informations sur la contribution des forêts aux ODD» (FAO, 2016, 2018b).
À la suite de ces recommandations, une plus grande attention a été accordée au renforcement des capacités pour l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025. La plupart des régions ont bénéficié de deux ateliers régionaux (le double de ce qui avait été organisé pour FRA 2020), l’un visant à améliorer la capacité à interpréter les termes et définitions employés pour les évaluations des ressources forestières mondiales et à utiliser la plateforme FRA d’élaboration des rapports pour saisir les données et indiquer les documents de référence, et l’autre consacré à l’examen, à la finalisation et à la transmission des rapports nationaux. L’annexe 1 présente une liste des ateliers organisés.
Le fait de doubler le nombre d’ateliers régionaux a amélioré le déroulement du processus d’élaboration des rapports en permettant aux correspondants nationaux de se concentrer sur le travail de préparation des rapports. Dans le même temps, les correspondants nationaux ont bénéficié de l’assistance d’une équipe d’examinateurs de la FAO spécialement affectés à cette tâche, disponibles pour remédier aux éventuels problèmes rencontrés. Au total, 299 spécialistes (correspondants nationaux, suppléants ou collaborateurs) de 157 pays ont participé aux ateliers. Vingt-sept pour cent des participants étaient des femmes, un pourcentage en hausse par rapport aux 17 pour cent enregistrés pour l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2020.
Outre les ateliers organisés dans le cadre du processus d’élaboration des rapports nationaux, la FAO a engagé un cycle d’activités de renforcement des capacités et de collecte de données pour l’étude par télédétection participative réalisée en 2023 dans le cadre de l’évaluation des ressources forestières mondiales. Cette étude a pour objectif d’aider les pays à utiliser les données et les outils de télédétection les plus récents pour analyser et recueillir des données afin de générer des estimations actuelles indépendantes de la superficie des forêts, de l’évolution de cette superficie et des facteurs expliquant les changements aux niveaux des régions, de la planète et des zones écologiques mondiales (encadrés 9 et 10).
Depuis 1990, les évaluations des ressources forestières mondiales (FRA) analysent la situation et l’évolution de caractéristiques essentielles des forêts – comme la superficie forestière et ses changements – aux niveaux mondial et régional à partir de données recueillies par télédétection pour compléter les informations obtenues par le biais du processus d’élaboration des rapports nationaux.
Pour FRA 2020, la FAO a mis en place sa nouvelle étude par télédétection participative, qui s’est attachée à améliorer la capacité des pays à produire des données de haute qualité en combinant les compétences locales et des outils d’interprétation d’image simples d’emploi permettant un accès simultané aux sources de données de télédétection les plus récentes disponibles gratuitement. Plus de 800 spécialistes de 126 pays ont été formés à la méthode d’étude par télédétection lors de 34 ateliers nationaux et régionaux pour collecter des données à partir de 400 000 échantillons. Les résultats ont été publiés en 2022 et présentés au XVe Congrès forestier mondiali, et les données recueillies par l’étude par télédétection de FRA 2020 ont été exploitées dans deux publications complémentaires, The world’s mangroves 2000-2020ii et How much do large-scale and small-scale farming contribute to global deforestation?iii.
L’étude par télédétection de FRA 2025 s’appuie sur l’expérience acquise à l’occasion de FRA 2020 et actualise les résultats obtenus. Les ateliers de collecte de données dans les pays participants ont commencé en mai 2024 et se sont poursuivis en 2025. En plus des variables recueillies lors de l’étude réalisée pour FRA 2020, d’autres données ont commencé à être collectées par la FAO durant le cycle actuel – sur les systèmes d’agroforesterie, les systèmes pastoraux, les types de cultures, les forêts brûlées, les mangroves et les arbres en dehors des forêts. Le nombre d’échantillons a été réduit à 300 000 pour gagner en efficience.
L’étude par télédétection renforce l’Évaluation des ressources forestières mondiales à de nombreux égards. Elle aide les pays à accéder aux données et outils de télédétection les plus récents et à les utiliser pour leurs évaluations nationales. Elle fournit des données représentatives sur des caractéristiques essentielles comme la déforestation, qui ne sont pas toujours présentes dans les rapports nationaux. Enfin, elle génère des données de référence indépendantes fondées sur une méthode harmonisée et sur les sources de données les plus actuelles, ce qui facilite les comparaisons au niveau tant régional que mondial. Parmi les apports de l’étude par télédétection de FRA 2020, on peut citer les facteurs de déforestation, l’effet de l’échelle des activités agricoles sur leur impact sur le changement d’affectation des terres3, et une première indication d’un changement dans l’évolution de la perte de forêt en Afrique, qui a maintenant été confirmé par le processus d’élaboration des rapports nationaux comme en témoigne la présente publication.
Les résultats de l’étude par télédétection de FRA 2025 seront publiés en 2026.
Sources: i FAO. 2022. FRA 2020 Remote Sensing Survey. Étude FAO: Forêts n° 186. Rome. https://doi.org/10.4060/cb9970en. ii FAO. 2023. The world’s mangroves 2000-2020. Rome. https://doi.org/10.4060/cc7044en. iii Branthomme, A., Merle, C., Kindgard, A., Lourenço, A., Ng, W.-T., D’Annunzio, R., et Shapiro, A. 2023. How much do large-scale and small-scale farming contribute to global deforestation? Results from a remote sensing pilot approach. Rome, FAO. https://doi.org/10.4060/cc5723en.
La télédétection a commencé à être utilisée dans le secteur des forêts il y a une centaine d’années, lorsque les forestiers ont compris le potentiel des photographies aériennes pour le travail de terrain et les inventaires des bois. Les premières applications à la foresterie sont apparues en Europe dans les années 1920 et se sont ensuite développées au Canada et aux États-Unis d’Amériquei.
À la fin des années 1960, l’idée d’utiliser les données satellitaires dans ce domaine avait déjà fait son chemin, et le lancement en 1972, par l’Administration nationale pour l’aéronautique et l’espace (NASA) des États-Unis d’Amérique, du Earth Resources Technology Satellite (plus tard rebaptisé Landsat-1) eut un effet catalyseur à cet égard. Dans les premières applications forestières, les images satellite étaient principalement exploitées pour cartographier les types de forêtii, mais il est ensuite apparu intéressant d’utiliser la densité optique, mesurée par un microdensitomètre, pour prévoir d’autres caractéristiques des forêtsiii. Il a toutefois fallu attendre encore 20 ans pour que les premières applications intégrant les données des inventaires forestiers nationaux et la télédétection par satellite deviennent opérationnellesiv.
La télédétection a été introduite pour la première fois dans l’Évaluation des ressources forestières mondiales (FRA) de la FAO de 1990 afin de répondre au besoin nouveau de disposer d’estimations fiables de la déforestation tropicale. Une étude par télédétection a été réalisée avec un échantillonnage aléatoire stratifié à deux degrés et 117 unités d’échantillonnage réparties dans la zone pantropicale. Chaque unité d’échantillonnage était couverte par des images Landsat des années cibles 1980 et 1990, et une analyse de l’évolution des forêts et de la couverture des sols a été effectuée au moyen de calques transparents à grille de pointsv.
Cette étude a été répétée dix ans plus tard dans le cadre de FRA 2000 pour obtenir des estimations des changements intervenus dans les forêts et la couverture des sols sur les périodes 1980-1990 et 1990-2000. Par ailleurs, avec l’aide de ses partenaires, la FAO a élaboré la première carte mondiale des forêts et des autres types de couverture des sols répertoriés dans les évaluations des ressources forestières mondialesvi.
Le processus d’acquisition et d’exploitation d’images satellite pour ces premières études par télédétection a été complexe et coûteux puisqu’il a nécessité de passer en revue de grandes quantités d’images puis de sélectionner, acheter et traiter les images voulues. La génération du premier ensemble de données satellitaires mondiales multi-époques orthorectifiées Landsat et sa mise à disposition gratuite en ligne ont changé la donne et entraîné une hausse sans précédent des téléchargements et de l’utilisation de ces donnéesvii. Cela a également permis à la FAO d’étendre ses études par télédétection au-delà de la région pantropicale pour obtenir une évaluation mondiale complète couvrant tous les biomes.
L’étude par télédétection de FRA 2010 s’est fondée sur cet ensemble de données Landsat, en sélectionnant de manière systématique près de 13 500 échantillons, un à chaque intersection de 1 degré de latitude et de longitude. L’étude a combiné une classification automatique et la validation visuelle des résultats par plus de 200 experts nationaux afin d’obtenir des estimations de la superficie forestière et des changements intervenus dans la couverture forestière et l’utilisation des terres forestières entre 1990 et 2005viii. L’étude a été actualisée dans le cadre de l’évaluation suivante pour inclure les estimations portant sur 2010ix.
L’accessibilité et l’exploitabilité des images satellite ont fait un bond en avant avec l’adoption des politiques de libre accès pour tous les ensembles de données du programme Landsat, du satellite sino-brésilien d’exploration des ressources terrestres et du programme Copernicus de l’Union européenne. Grâce aux progrès réalisés simultanément en matière de capacités de calcul et de stockage des données satellitaires dans le nuage (cloud), comme Google Earth Engine, il est devenu possible d’accéder librement à ces immenses archives de données satellitaires et de les traiter pour obtenir des produits géospatiaux en un temps infiniment plus court que celui qui était autrefois nécessaire pour télécharger et traiter ces données au niveau local.
Les pionniers du libre accès ont été suivis par d’autres qui ont mis gratuitement à disposition différents ensembles de données de télédétection ayant une couverture mondiale ou pour des régions géographiques limitées. C’est le cas par exemple de l’Initiative internationale norvégienne pour le climat et les forêts du Programme norvégien de données satellitaires, lancée en 2020-2024.
Ces progrès ont permis à la FAO d’améliorer le degré d’actualité et l’efficience de ses études par télédétection, qui ne dépendent plus d’images présélectionnées pour les époques choisies mais peuvent être fondées sur des données correspondant exactement aux besoins de l’étude, qui a accès en même temps à un large éventail d’informations auxiliaires. De plus, des outils d’interprétation simples d’emploi permettent aux experts locaux connaissant le terrain mais n’ayant pas de formation en télédétection de participer au travail d’interprétation des images. Cela a permis de mettre au point une nouvelle méthode d’étude participative qui intègre les connaissances locales disponibles sur l’occupation des sols dans l’interprétation visuelle de centaines de milliers d’échantillons de campagnes de télédétection. L’encadré 9 explique plus en détail les méthodes utilisées pour les études par télédétection menées dans le cadre de FRA 2020 et de FRA 2025.
Le fait de disposer à la fois de données de télédétection, d’outils et d’aides accessibles gratuitement et faciles d’emploi a augmenté l’utilisation de la télédétection dans le processus d’élaboration des rapports nationaux décrit dans le présent document. Au niveau mondial, le nombre de pays et territoires qui ont recours à la télédétection pour évaluer leurs superficies de forêt a presque doublé entre 2005 et 2020x. Dans FRA 2025, 42 pour cent des données communiquées sur la superficie forestière et des autres terres boisées avaient pour sources des évaluations basées sur la télédétection.
Sources: i Spurr, S. H. 1948. Aerial photography. Dans: Forest resources of the world. Unasylva, 2(4); Nyyssönen, A. 1955. On the estimation of the growing stock from aerial photographs. Communicationes Instituti Forestalis Fenniae, 46.1: (1-57). ii Iverson, L. R., Graham, R. L., et Cook, E. A. 1989. Application of satellite remote sensing to forested ecosystems. Landscape Ecology, 3(2): 131-143. iii Kuusela, K., et Poso, S. 1975. Demonstration of the applicability of satellite data to forestry. Communicationes Instituti Forestalis Fenniae, 83:4, 1-31. iv Barrett, F., McRoberts, R. E., Tomppo, E., Cienciala, E., et Waser, L. T. 2016. A questionnaire-based review of the operational use of remotely sensed data by national forest inventories. Remote Sensing of Environment, 174: 279-289. https://doi.org/10.1016/j.rse.2015.08.029. v FAO. 1996. Forest resources assessment 1990: Survey of tropical forest cover and study of change processes. Étude FAO: Forêts n° 130. Réimpression 1996. Rome. vi FAO. 2001. Global Forest Resources Assessment 2000. Étude FAO: Forêts n° 140. Rome. vii Gutman, G., Byrnes, R. A., Masek, J., Covington, S., Justice, C., Franks, S., et Headley, R. 2008. Towards monitoring land-cover and land-use changes at a global scale: the global land survey 2005. Photogrammetric Engineering and Remote Sensing, 74(1): 6-10. viii FAO et JRC. 2012. Global forest land-use change 1990-2005. Par E. J. Lindquist, R. D’Annunzio, A. Gerrand, K. MacDicken, F. Achard, R. Beuchle, A. Brink, H. D. Eva, P. Mayaux, J. San-Miguel-Ayanz et H.-J. Stibig. Étude FAO: Forêts n° 169. FAO et JRC de la Commission européenne. Rome, FAO. ix D’Annunzio, R., Lindquist, E. J., et MacDicken, K. G. 2017. Global forest land-use change from 1990 to 2010: an update to a global remote sensing survey of forests. Document de travail n° 187 de l’Évaluation des ressources forestières. Rome, FAO. x Nesha, K., Herold, M., De Sy, V., Duchelle, A. E., Martius, C., Branthomme, A., Garzuglia, M., Jonsson, O., et Pekkarinen, A. 2021. An assessment of data sources, data quality and changes in national forest monitoring capacities in the Global Forest Resources Assessment 2005-2020. Environmental Research Letters, 16(5): 054029. https://doi.org/10.1088/1748-9326/abd81b.
Parce que les évaluations des ressources forestières mondiales sont devenues plus détaillées, la quantité d’informations demandées aux membres de la FAO a considérablement augmenté. Le nombre de variables recueillies est passé de 45 pour FRA 2005 à environ 90 pour FRA 2010 puis autour de 120 pour FRA 2015. La charge pesant sur les pays en matière de rapports a également été accentuée par les demandes de données identiques ou similaires dans le cadre d’autres processus de communication d’information en lien avec les forêts.
Réduire cette charge et améliorer la qualité et la transparence des données transmises est une recommandation qui revient régulièrement au sujet des évaluations des ressources forestières mondiales et des processus du même type. Cela a été fait pour la première fois à l’occasion de FRA 2020, où le nombre de variables recueillies a été réduit à une soixantaine. FRA 2025 a poursuivi dans cet esprit en demandant une cinquantaine de grandes variables, ce qui a permis d’alléger davantage la charge de travail pour les pays tout en rendant les données FRA plus cohérentes, plus transparentes et plus pertinentes. La charge a été encore diminuée grâce au préremplissage des tableaux d’information avec les données transmises pour FRA 2020.
La FAO a continué d’améliorer la plateforme FRA d’élaboration des rapports, qui assure désormais un accès facile aux tableaux d’information, simplifie la saisie des données et des métadonnées, permet de téléverser des documents accessibles au public et la documentation interne, réalise des contrôles de validation supplémentaires immédiats, offre des fonctions de visualisation et de téléchargement de données, et permet l’échange de messages directs entre collaborateurs et examinateurs. La collaboration de la FAO avec Google LLC/Google a abouti à la mise au point de modules géospatiaux qui permettent aux utilisateurs de la plateforme enregistrés d’accéder aux produits de télédétection les plus récents et facilite l’emploi de ces derniers pour générer des estimations, par exemple, sur le couvert arboré, la superficie brûlée, la superficie forestière protégée et la superficie de mangrove.
Les estimations de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025 sont fondées sur des statistiques nationales officielles issues de relevés de terrain, de campagnes de télédétection, d’estimations de spécialistes et d’une combinaison de ces sources. Au cours des dix dernières années, les pouvoirs publics d’un grand nombre de pays en développement ont investi dans le développement de systèmes nationaux de surveillance des forêts, souvent avec l’appui de donateurs et d’organisations internationales. Depuis 2009, la FAO a aidé plus de 50 gouvernements nationaux à établir des inventaires forestiers nationaux solides et à mettre en place des systèmes de surveillance des sols par satellite. Par ailleurs, les activités menées par la FAO dans le cadre de l’initiative Open Foris proposant des outils libres et gratuits ont bénéficié à plus de 250 000 utilisateurs dans 196 pays et territoires. En mettant à profit les fonctions de son Système d’accès, de traitement et d’analyse des données d’observation de la Terre pour la surveillance des terres (SEPAL)17, la FAO a donné à tous les utilisateurs de la plateforme FRA la possibilité de visualiser des mosaïques d’images Landsat et Sentinel personnalisables. En complément des actions de renforcement des capacités spécifiques à l’Évaluation des ressources forestières mondiales, ces efforts ont eu un net impact positif sur la disponibilité et la qualité des informations relatives aux ressources forestières (Nesha et al., 2021).
Globalement, la réactivité des pays et territoires a été très bonne pour l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, et la disponibilité de données est élevée pour les variables clés. Le nombre de pays et territoires ayant communiqué des données a progressé pour toutes les variables par rapport à FRA 2020. Sur les 18 variables présentées à la figure 6218, la superficie forestière mondiale représentée par les pays et territoires ayant communiqué des données a dépassé les 90 pour cent pour 11 variables de situation. Le taux de disponibilité de données sur l’évolution des superficies de forêt a été supérieur à 90 pour cent pour 10 des 18 variables. Le plus faible niveau de disponibilité de données a été enregistré pour les insectes, les maladies et les événements météorologiques graves, puisque les pays et territoires ayant transmis des informations sur ces facteurs représentent moins de la moitié de la superficie forestière mondiale.
Afin de mieux comprendre la qualité des données relatives aux estimations des superficies de forêt, les pays ont été priés de préciser leurs sources et de classer selon trois niveaux de fiabilité les données communiquées sur la situation des ressources forestières et leur évolution (tableau 89). S’agissant de la situation des superficies de forêt, 104 pays ont indiqué que leurs données se classaient dans le niveau élevé, c’est-à-dire que 75 pour cent de leurs estimations de superficies de forêt pour 2025 étaient fondées sur des données récentes d’un inventaire forestier national ou d’une campagne de télédétection, avec une évaluation de l’exactitude ou un étalonnage par des données de terrain. Un autre groupe de 62 pays, représentant 19 pour cent de la superficie forestière, ont fondé leurs estimations de superficies de forêt sur des données datant de plus de cinq ans au moment de leur transmission (c’est-à-dire 2023), ce qui les classe dans le niveau moyen. Les 70 pays restants, représentant 6 pour cent de la superficie forestière mondiale, ont été classés dans le niveau faible (figure 63).
Quatre-vingt-huit pays, représentant plus de la moitié (52 pour cent) de la superficie forestière mondiale, ont fondé leurs estimations d’évolution sur des inventaires forestiers nationaux répétés compatibles, dont les plus récents dataient de cinq ans ou moins, ou sur des évaluations des changements par télédétection réalisées au moyen d’analyses multitemporelles pour une période achevée au plus tard cinq ans avant la date de transmission (niveau élevé). Cinquante-six pays, représentant 41 pour cent de la superficie forestière mondiale, ont indiqué que leurs estimations de l’évolution des forêts se classaient dans le niveau de fiabilité moyen, et les 92 pays restants (représentant 7 pour cent de la superficie forestière mondiale) ont estimé l’évolution de leurs forêts à partir d’avis de spécialistes ou d’ensembles de données incompatibles (niveau faible) (figure 64).
Les pays et territoires ont eu recours à un système de classement à trois niveaux pour indiquer les différences dans les données utilisées pour rendre compte de la situation concernant le matériel sur pied (tableau 90). En 2025, les données relatives au matériel sur pied de 33 pour cent des pays et territoires, représentant deux tiers de la superficie mondiale de forêt, ont été classées dans le niveau de fiabilité élevé. La proportion de pays et territoires ainsi que la part de la superficie forestière, dont les données se classent dans le niveau élevé, sont relativement importantes en Asie de l’Est et en Europe, et comparativement faibles en Afrique et en Océanie (figure 65).
La comparaison avec FRA 2020 met en lumière une amélioration importante de la couverture des données pour FRA 2025, un nombre accru de pays et territoires ayant communiqué des données sur le matériel sur pied (183 pour FRA 2020 contre 216 pour FRA 2025) et la superficie forestière représentée dans l’ensemble des variables du matériel sur pied ayant augmenté également. Cependant, l’analyse par niveaux montre également que le nombre de pays et territoires ayant communiqué des données ainsi que la part de la superficie forestière correspondant au niveau élevé ont diminué dans FRA 2025 par rapport à FRA 2020. Pour FRA 2025, l’évaluation par niveaux a été effectuée directement par les pays et territoires ayant communiqué des données, ce qui n’était pas le cas pour FRA 2020. Une analyse plus approfondie est nécessaire afin de déterminer si la baisse apparente résulte de ce changement (ou d’un autre) dans la méthode d’évaluation par niveaux ou traduit une réelle évolution négative de la qualité des sources de données utilisées pour évaluer le matériel sur pied, comme le manque d’actualisation des inventaires forestiers nationaux.
Les pays et territoires ont eu recours à un système de classement à trois niveaux pour évaluer la qualité des données utilisées pour rendre compte de la biomasse (tableau 91). En 2025, 28 pour cent des pays et territoires, représentant près de deux tiers de la superficie forestière, ont utilisé des données de niveau de fiabilité élevé pour communiquer sur la biomasse. C’est en Europe que la couverture des données de niveau élevé a été la plus importante et en Afrique la plus basse (figure 66).
Le nombre de pays et territoires ayant communiqué des données sur la biomasse a augmenté, passant de 193 pour FRA 2020 à 216 pour FRA 2025. Cependant, le pourcentage de la superficie forestière concerné par les données de niveau élevé a diminué, bien que davantage de pays et territoires aient utilisé des méthodes correspondant au niveau élevé. Il faudrait réaliser une analyse plus approfondie pour déterminer si l’évolution observée correspond à une baisse réelle de la qualité des données ou à des changements de méthode dans l’évaluation par niveaux.
La possibilité donnée récemment aux pays et territoires d’actualiser leurs informations quand ils le souhaitent durant le cycle quinquennal des évaluations des ressources forestières mondiales est importante pour améliorer le taux de disponibilité de données. Elle répond directement à une demande, formulée à la 25e session du Comité des forêts, tendant à établir un processus souple d’élaboration des rapports FRA qui permette l’actualisation volontaire des indicateurs essentiels relatifs à l’ODD 15 et d’autres indicateurs, à la discrétion des membres.
Dans le cadre de l’introduction du processus d’actualisation volontaire et de l’élaboration des lignes directrices afférentes, les mandats des correspondants nationaux ont été révisés, le processus d’examen des rapports a été actualisé et les modalités de validation ont été simplifiées. La plateforme FRA a également été modifiée afin de faciliter les actualisations volontaires et d’aider ainsi à mettre en place un système mondial d’information forestière plus dynamique et réactif capable de mieux servir les besoins des pays, des chercheurs et de la communauté internationale.
Le passage à un processus de communication de données plus souple présente plusieurs avantages. Il permet d’actualiser les rapports à mesure que de nouvelles informations deviennent disponibles et de les mettre à la disposition d’un public mondial, de suivre au fur et à mesure les progrès accomplis en direction des ODD et d’autres objectifs et cibles définis collectivement, et de faire connaître plus rapidement les changements et évolutions importants. Cette souplesse sera vraisemblablement de plus en plus importante pour répondre aux nouveaux besoins de communication fréquente de données sur des variables et indicateurs essentiels comme les deux indicateurs des ODD en rapport avec les forêts, qui ont aussi des liens étroits avec d’autres initiatives et engagements internationaux. En collaboration avec les membres de la FAO, le Groupe consultatif de FRA, les partenaires du Questionnaire collaboratif sur les ressources forestières et d’autres partenaires, l’Évaluation des ressources forestières mondiales continuera d’évoluer sous la forme d’un processus d’élaboration de rapports dynamique et transparent donnant accès facilement à des données actuelles de haute qualité.
Les changements introduits dans l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025 ont pour but de réduire la charge de travail liée à l’élaboration des rapports pour les pays et territoires et d’améliorer la disponibilité et la cohérence des données. Dans le cadre des évaluations à venir, la collaboration se poursuivra avec différents partenaires pour réduire la charge de travail et accroître les synergies avec d’autres processus relatifs à la forêt, et soutenir ainsi les processus de formulation des politiques et de décision aux niveaux national et international. L’accent continuera d’être mis sur la transparence et la traçabilité des estimations et sur la qualité et l’exploitabilité des données publiées.
Conformément à la demande de ses organes directeurs, la FAO continuera de produire des évaluations mondiales des ressources forestières détaillées tous les cinq ans. La planification conjointe du prochain cycle d’évaluation mondiale (FRA 2030) débutera en 2026 après un bilan approfondi de FRA 2025. Comme de coutume, la portée et les autres aspects techniques de la prochaine évaluation seront finalisés via une consultation d’experts en 2026 ou en 2027.
La FAO continuera d’inviter les pays et territoires à actualiser leurs rapports de façon volontaire à mesure que de nouvelles informations deviendront disponibles. Il est prévu de publier les premières mises à jour début 2026 par le biais de la plateforme FRA et, pour certains indicateurs, dans le cadre des rapports sur les ODD.