Les forêts englobent un large éventail d’écosystèmes dont les caractéristiques varient considérablement, notamment sur le plan de la composition en espèces, de la structure et de l’ampleur des modifications provoquées par l’homme ou par des facteurs non humains. L’Évaluation des ressources forestières mondiales classe les forêts en deux grandes catégories: les forêts naturellement régénérées et les forêts plantées (figure 9). Les fonctions et l’utilité de ces deux catégories de forêts font aujourd’hui l’objet de débats. En règle générale, les forêts naturellement régénérées (appelées aussi «forêts naturelles») contribuent davantage à la conservation de la biodiversité et fournissent une plus grande variété de services écosystémiques que les forêts plantées. La plantation de forêts et d’arbres répond à de nombreux objectifs, comme la production de bois, de fibres, de carburant et de produits forestiers non ligneux, la protection du sol et de l’eau, et la restauration des écosystèmes. Même si elles n’égalent pas toujours les forêts naturelles en termes de diversité et d’effets positifs sur l’environnement, les forêts plantées gérées de façon durable peuvent contribuer à réduire la pression à laquelle les forêts naturelles sont soumises du fait de leur exploitation, et elles fournissent aussi d’importants services écosystémiques. Les forêts forment un continuum, allant des forêts primaires ne présentant aucun signe visible d’activité humaine passée ou actuelle aux forêts de plantation d’espèces introduites soumises à une gestion intensive et exploitées essentiellement pour récolter un produit unique. Entre ces deux extrémités se trouvent les forêts naturellement régénérées et les forêts plantées avec différents degrés d’intervention humaine. Outre les deux grandes catégories de forêts que sont les forêts naturellement régénérées et les forêts plantées, dans le cadre de FRA 2025, les pays et territoires ont été priés de fournir des informations sur les forêts primaires, qui constituent une sous-catégorie des premières, et sur les forêts de plantation et les autres forêts plantées, sous-catégories des secondes. Il a également été demandé aux pays d’estimer le pourcentage de leurs forêts de plantation composées majoritairement d’espèces introduites.

FIGURE 9. The two categories of planted forest

Enfin, des données ont été recueillies sur les mangroves, les forêts de bambous et les plantations d’hévéas.


Forêt naturellement régénérée

Situation

Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des informations sur la superficie forestière naturellement régénérée en 2025 ont été reçues de 229 pays et territoires représentant près de 100 pour cent de la superficie forestière mondiale. Les forêts naturellement régénérées représentent 92 pour cent (3,83 milliards d’hectares) de la superficie forestière totale. De toutes les régions, c’est l’Europe qui présente la plus grande superficie forestière de cette catégorie, suivie de l’Amérique du Sud, de l’Amérique du Nord et centrale, de l’Afrique, de l’Asie et de l’Océanie (tableau 15). Les forêts naturellement régénérées forment 98 pour cent de la superficie forestière totale en Afrique et en Amérique du Sud, et 97 pour cent en Océanie. Elles constituent 100 pour cent des ressources forestières dans 38 pays.

TABLEAU 15. Superficie de forêt naturellement régénérée, par région et sous-région, 2025
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Évolution

Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des informations sur l’évolution des forêts naturellement régénérées sur la période de 35 ans comprise entre 1990 et 2025 ont été reçues de 224 pays et territoires représentant 99 pour cent de la superficie forestière mondiale. Ces données indiquent que la superficie de forêt naturellement régénérée a diminué de 324 millions d’hectares entre 1990 et 2025 (tableau 16). Ce recul global s’est ralenti à chaque période étudiée, passant de 13,8 millions d’hectares par an pendant la période 1990-2000, à 7,75 millions d’hectares par an en 2000-2015 et à 6,97 millions d’hectares par an en 2015-2025 (tableau 17 et figure 10).

TABLEAU 16. Superficie de forêt naturellement régénérée, par région et sous-région, 1990-2025
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TABLEAU 17. Changement net annuel de la superficie de forêt naturellement régénérée, par région et sous-région, 1990-2025
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Figure 10. Changement net annuel dans les forêts naturellement régénérées à l’échelle mondiale, 1990-2025
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La superficie de forêt naturellement régénérée a diminué entre 2015 et 2025 dans toutes les régions à l’exception de l’Europe et de l’Océanie. La plus forte perte nette a été enregistrée en Amérique du Sud, où la superficie de forêt naturellement régénérée a régressé en moyenne de 4,12 millions d’hectares par an, soit moins qu’en 2000-2015 (4,93 millions d’hectares par an) et qu’en 1990-2000 (7,54 millions d’hectares par an).

La perte nette annuelle de forêt naturellement régénérée a augmenté en Afrique entre les périodes 1990-2000 et 2000-2015, où elle est passée de 3,37 millions d’hectares à 3,79 millions d’hectares. Elle a ralenti pendant la période 2015-2025, fléchissant à 3,15 millions d’hectares par an, principalement grâce à une perte de forêt moindre en Afrique de l’Ouest et centrale.

La superficie de forêt naturellement régénérée a diminué à des degrés divers en Amérique du Nord et centrale à chacune des trois périodes analysées (à savoir 1990-2000, 2000-2015 et 2015-2025). La perte nette annuelle sur la dernière d’entre elles (845 000 hectares) a été très inférieure à celle enregistrée entre 1990 et 2000 (1,29 million d’hectares), essentiellement du fait d’un ralentissement de la perte annuelle en Amérique du Nord. La superficie de forêt naturellement régénérée a augmenté dans les Caraïbes à chaque période.

L’Asie a perdu globalement 206 000 hectares de forêt naturellement régénérée par an en 2015-2025, du fait de pertes en Asie du Sud et du Sud-Est et malgré les gains enregistrés en Asie de l’Est et en Asie de l’Ouest et centrale. Le recul global des forêts naturellement régénérées sur la période 2015-2025 pour l’ensemble de l’Asie a très fortement ralenti par rapport à 1990-2000 puisque la perte nette annuelle était alors environ huit fois plus élevée (1,74 million d’hectares par an). Ce ralentissement est à mettre sur le compte de l’Asie du Sud et du Sud-Est, en particulier l’Indonésie, qui a fait état d’une perte nette de 2,45 millions d’hectares par an entre 1990 et 2000 et d’un gain net de 12 500 hectares par an entre 2015 et 2025.

En Europe, la superficie de forêt naturellement régénérée a progressé à chacune des périodes analysées, le gain net annuel ayant été multiplié par deux pour passer de 330 000 hectares en 1990-2000 à 696 000 hectares en 2000-2015, puis ayant augmenté à nouveau pour s’établir à 1,23 million d’hectares en 2015-2025. Cette évolution traduit principalement les hausses déclarées par la Fédération de Russie, la progression étant relativement modérée dans le reste de l’Europe, qui a enregistré un gain net de 323 000 hectares par an au cours de la dernière décennie.

En Océanie, la superficie de forêt naturellement régénérée a augmenté au rythme de 117 000 hectares par an entre 2015 et 2025, alors qu’elle avait reculé de 236 000 hectares par an en 1990-2000 et de 93 500 hectares par an en 2000-2015.


Forêt primaire

Situation

Les forêts primaires sont des forêts naturellement régénérées d’espèces indigènes où aucune trace d’activité humaine n’est clairement visible et où les processus écologiques ne sont pas considérablement perturbés. Les forêts primaires – en particulier les forêts primaires tropicales humides – se caractérisent par une grande richesse en espèces et des écosystèmes variés, et leur étendue constitue un important indicateur environnemental. Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des informations sur la superficie de forêt primaire en 2025 ont été reçues de 168 pays et territoires représentant 85 pour cent de la superficie forestière mondiale. Afin d’améliorer la cohérence et la fiabilité des données communiquées sur les forêts primaires, l’équipe FRA mène actuellement une étude visant à donner aux pays des orientations et des outils de collecte et diffusion de données supplémentaires (encadré 4).

Encadré 4. Vers une meilleure évaluation des forêts primaires

Les forêts primaires font partie des écosystèmes les plus irremplaçables de la planète du fait de leur fonction de réservoir vital de biodiversité, des immenses quantités de carbone qu’elles stockent, essentielles pour atténuer le changement climatique, et des ressources et des valeurs culturelles indispensables qu’elles fournissent aux peuples autochtones et aux communautés locales. Malgré leur valeur inestimable, les forêts primaires sont menacées par la déforestation, le changement d’affectation des terres, l’exploitation illégale du bois et d’autres pratiques.

La superficie de forêt primaire et l’évolution de ce paramètre dans le temps constituent des indicateurs clés de biodiversité et de conservation pour l’Évaluation des ressources forestières mondiales (FRA), liée à plusieurs processus mondiaux et régionaux de communication d’information, notamment l’Ensemble commun d’indicateurs forestiers mondiauxi. L’importance des forêts primaires est également soulignée par différents grands organismes, dont l’Union internationale pour la conservation de la natureii, la Convention sur la diversité biologique (CDB)*, le Fonds pour l’environnement mondialiii et l’Union européenne.

Il est urgent que des modalités cohérentes de communication d’information soient définies sur l’étendue de la forêt primaire et son évolution. Il est cependant difficile de mesurer avec précision la superficie de forêt primaire en raison des variations existant dans les écologies des biomes tropicaux, tempérés et boréals, les approches nationales et la disponibilité des données. Le principal obstacle vient du manque d’uniformité dans l’interprétation et l’application des définitions, qui interroge sur la comparabilité des données transmises à la FAO et sur leur utilité pour l’élaboration des politiques.

Pour remédier à ces difficultés, la FAO a lancé une étude fin 2019 en vue de rédiger des lignes directrices et de proposer des méthodes afin d’améliorer la communication de données sur la superficie de forêt primaire et son évolution. L’objectif est d’améliorer la cohérence, la comparabilité, l’exhaustivité et la qualité des données transmises sur les forêts primaires aux fins des évaluations des ressources forestières mondiales. L’étude est menée avec le concours de nombreux partenaires, comprenant des membres de la FAO, le secrétariat de la CDB, l’Université Griffith (Australie), le Centre de recherche forestière internationale, le Centre commun de recherche, le Centre mondial de surveillance pour la conservation de la nature du Programme des Nations Unies pour l’environnement, et les partenaires du Questionnaire collaboratif sur les ressources forestières.

Dans le cadre de cette étude, des scientifiques de l’Université Griffith ont élaboré un document d’information détaillé passant en revue les définitions, les données et les méthodes utilisées par les pays pour évaluer les forêts primaires et communiquer des données sur le sujetiv. Cela a été l’occasion d’engager des discussions approfondies, tout d’abord lors d’une consultation en ligne par le biais du Forum global sur la sécurité alimentaire et la nutrition de la FAO, au cours de laquelle des experts nationaux et internationaux ont apporté de précieux éclairages, puis, entre 2020 et 2022, au moyen d’une série d’études pilotes et d’ateliers d’experts sur des biomes et des régions particuliers auxquels des pays et des organisations ont participé. Ces discussions ont permis de préciser et d’affiner la notion de forêt primaire et ont abouti à la révision des notes explicatives relatives à la définition utilisée dans l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025. Elles ont également mis en évidence les difficultés que pose aux pays et territoires la déclaration de leur superficie de forêt primaire dans le cadre des évaluations des ressources forestières mondiales, et les experts ont formulé des recommandations pour harmoniser la communication de données au sein de leurs biomes ou régions respectifs. Le processus de collaboration a conduit à élaborer un guide opérationnel pratique destiné à améliorer l’établissement de rapports et les données sur les forêts primaires dans différents contextes environnementaux. Par ailleurs, des outils reposant sur les ensembles de données géospatiales existants sont en cours de développement et d’essai, le but étant d’aider les pays qui ne possèdent pas de données sur leurs forêts primaires.

En octobre 2024, à la 16e session de la Conférence des parties à la CDB, la FAO, l’Union internationale pour la conservation de la nature, le secrétariat du Forum des Nations Unies sur les forêts, l’Université Griffith et la fondation Wild Heritage ont lancé ensemble un projet du Fonds pour l’environnement mondial visant à renforcer la conservation des forêts primaires grâce à l’amélioration des partenariats et à la coordination des aides («Strenghthening conservation of primary forest through partnership enhancement and coordination of support»). Cette initiative a pour but de remédier au besoin urgent de renforcer la conservation des forêts primaires au niveau mondial. Dans le cadre du projet, la FAO s’emploiera à améliorer la collecte et la communication d’information sur les forêts primaires, notamment en trouvant des solutions pratiques pour aider les pays et territoires à surveiller l’évolution de leur forêt primaire et à renforcer les systèmes de données nationaux de façon à prendre des décisions en meilleure connaissance de cause en matière de gestion et de conservation des forêts primaires. Les activités importantes prévues comprendront aussi l’élaboration de directives spécifiques à chaque biome et d’outils géospatiaux permettant d’assurer la cohérence et la précision des données communiquées sur les forêts primaires. Ces efforts soutenus devraient améliorer les connaissances sur les forêts primaires de la planète, mieux faire comprendre leur importance et favoriser la mise en œuvre de stratégies de gestion et de conservation plus efficaces à l’échelle mondiale.

Notes: * La décision 14/30 de la 14e session de la Conférence des parties à la CDB souligne «l’importance exceptionnelle des forêts primaires pour la conservation de la diversité biologique» et «le besoin urgent d’éviter la fragmentation, les dommages ou la perte majeure des forêts primaires de la planète». La Stratégie de l’Union européenne en faveur de la biodiversité à l’horizon 2030 vise «la protection [...] de toutes les forêts primaires et anciennes encore présentes dans l’UE». Les forêts primaires sont également évoquées dans le règlement de 2023 de l’Union européenne relatif à la déforestation et à la dégradation des forêts.

Sources: i FAO et PCF. 2022. An assessment of uptake of the Global Core Set of Forest-related Indicators. FAO et Partenariat de collaboration sur les forêts (PCF), Rome. https://doi.org/10.4060/cc2223en. ii Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). 2020. IUCN Policy Statement on Primary Forests including Intact Forest Landscapes. UICN. https://iucn.org/sites/default/files/2022-05/iucn-policy-statement-for-primary-forests.pdf. iii Fonds pour l’environnement mondial. Non daté. The GEF Strategy on Forests: Preserving Forests, For the Future of Nature and People. Fonds pour l’environnement mondial. https://www.thegef.org/sites/default/files/documents/2024-05/GEF-StrategyOnForests-final_0.pdf. iv Mackey, B., Skinner, E., et Norman, P. 2021. A Review of Definitions, Data, and Methods for Country-level Assessment and Reporting of Primary Forest. Griffith Climate Action Beacon Discussion Paper, 1/2021. 35 pages. Brisbane (Australie), Université Griffith. https://doi.org/10.25904/1912/4510.

D’après les données fournies, la superficie des forêts primaires du monde est estimée à 1,18 milliard d’hectares, soit environ un tiers (33 pour cent) de la superficie forestière des pays et territoires ayant communiqué des données (tableau 18).

TABLEAU 18. Superficie de forêt primaire, par région et sous-région, 2025
Note: n.s. = non significatif.
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Parmi les régions, l’Europe est celle qui affiche la plus grande superficie de forêt primaire avec 311 millions d’hectares (même si ce chiffre n’est que de 4,32 millions d’hectares lorsqu’on exclut les données concernant la Fédération de Russie), suivie de l’Amérique du Sud (299 millions d’hectares) et de l’Amérique du Nord et centrale (280 millions d’hectares). L’Afrique possède 163 millions d’hectares de forêt primaire d’après les estimations, l’Asie 85,2 millions d’hectares et l’Océanie 38,3 millions d’hectares. La forêt primaire représente 49 pour cent de la superficie totale de forêt en Amérique du Sud, 38 pour cent en Afrique, 37 pour cent en Amérique du Nord et centrale, 32 pour cent en Europe et 21 pour cent en Océanie. Le pourcentage de forêt primaire est le plus faible en Asie, avec 15 pour cent de sa superficie forestière totale. Cependant, si l’on exclut les données concernant la Fédération de Russie, l’Europe se retrouve dernière avec 3 pour cent de sa superficie forestière occupée par de la forêt primaire. Le tableau 19 montre les cinq pays et territoires ayant la superficie de forêt primaire la plus élevée en termes de pourcentage de la superficie forestière totale: quatre de ces pays et territoires ont déclaré des pourcentages supérieurs à 90 pour cent, notamment les Maldives, où 100 pour cent de la superficie forestière a été déclarée comme forêt primaire, principalement du fait que la totalité des forêts du pays se trouvent sur des îles inhabitées. Cinq pays – par ordre décroissant de leur superficie de forêt primaire, la Fédération de Russie, le Brésil, le Canada, la République démocratique du Congo et l’Indonésie – comptent pour 75 pour cent dans la superficie mondiale de forêt primaire (tableau 20).

TABLEAU 19. Cinq premiers pays et territoires en termes de superficie de forêt primaire en pourcentage de la superficie forestière totale, 2025
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TABLEAU 20. Cinq premiers pays en termes de la superficie de forêt primaire, 2025
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Évolution

Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des informations sur l’évolution de la superficie de forêt primaire ont été reçues de 162 pays et territoires représentant 77 pour cent de la superficie forestière mondiale. On dispose donc de plus de données pour estimer l’évolution que pour les rapports FRA précédents, mais des efforts doivent encore être faits pour assurer la fiabilité. De plus, les données n’indiquent pas si le recul de la forêt primaire est dû à la déforestation ou à la conversion en d’autres types de forêts (par exemple une forêt naturellement régénérée ou une forêt plantée).

À l’échelle mondiale, on enregistre une diminution nette de la superficie de forêt primaire de 110 millions d’hectares entre 1990 et 2025. La perte nette annuelle moyenne a augmenté, passant de 3,48 millions d’hectares pendant la période 1990-2000 à 3,92 millions d’hectares en 2000-2015, et a ensuite chuté au cours de la dernière décennie pour descendre à 1,61 million d’hectares (tableau 21).

TABLEAU 21. Superficie de forêt primaire et changement net annuel, par région et sous-région, 1990-2025
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Il y a eu une diminution nette de la superficie de forêt primaire dans toutes les régions à l’exception de l’Europe depuis 1990. Les pertes nettes annuelles en Afrique, en Amérique du Nord et centrale et en Amérique du Sud ont fléchi en 2015-2025 par rapport aux autres périodes examinées (1990-2000 et 2000-2015); elles ont atteint leur niveau le plus haut entre 2000 et 2015. La superficie de forêt primaire a connu une augmentation nette en Asie au cours de la dernière décennie après avoir reculé pendant les deux périodes étudiées précédentes.

La perte nette annuelle moyenne de forêt primaire la plus élevée sur la période 2015-2025 a été enregistrée en Amérique du Sud (1,04 million d’hectares), où elle a néanmoins diminué par rapport à 1990-2000 (1,32 million d’hectares) et 2000-2015 (1,34 million d’hectares). Ce recul récent est principalement imputable au Brésil, qui a fait état d’une perte nette annuelle de 895 000 hectares en 2015-2025, contre 1,15 million d’hectares en 2000-2015.

L’Afrique a enregistré une perte nette annuelle de forêt primaire de 548 000 hectares en 2015-2025, soit bien inférieure à celle des périodes précédentes (751 000 hectares en 1990-2000 et 995 000 hectares en 2000-2015). Ce ralentissement s’explique essentiellement par les chiffres de la République démocratique du Congo, qui ont été divisés par plus de deux, passant de 565 000 hectares par an en 2000-2015 à 204 000 hectares par an en 2015-2025. La perte nette annuelle de forêt primaire s’est accrue en Afrique de l’Est et australe, où elle est passée de 118 000 hectares en 1990-2000 à 300 000 hectares en 2000-2015 et à 294 000 hectares en 2015-2025, pour une grande part du fait de l’Angola qui a fait état d’une perte nette annuelle de 199 000 hectares en 2015-2025, soit plus du triple de celle de la période 1990-2000 (59 000 hectares).

L’Amérique du Nord et centrale a perdu 516 000 hectares de forêt primaire par an sur la période 1990-2000 et 1,50 million d’hectares par an en 2000-2015, mais le rythme de perte nette s’est fortement ralenti entre 2015 et 2025 pour descendre à 327 000 hectares par an. La perte nette plus importante enregistrée pendant la période 2000-2015 est principalement à mettre sur le compte des données du Canada, qui n’illustrent peut-être pas l’évolution réelle de la forêt primaire dans ce pays car il a utilisé un ensemble de données différent pour estimer la superficie de forêt primaire; les données doivent donc être interprétées avec prudence. Les États-Unis d’Amérique n’ont pas communiqué de données sur l’évolution de la superficie de forêt primaire mais ont fourni une estimation de la superficie pour 2025.

La superficie de forêt primaire a reculé en Océanie, de 17 000 hectares par an en 1990-2000, de 25 600 hectares par an en 2000-2015 et de 20 200 hectares par an en 2015-2025. Le niveau de perte nette plus élevé sur la période 2000-2015 est dû principalement à la Nouvelle-Zélande, qui a déclaré une hausse de la perte nette de forêt primaire, passée de 230 hectares par an en 1990-2000 à 8 950 hectares par an en 2000-2015. L’accélération de la perte nette de forêt primaire dans la région entre les périodes 1990-2000 et 2015-2025 s’explique principalement par l’évolution en Papouasie-Nouvelle-Guinée, où les chiffres ont quasiment doublé, passant de 6 700 hectares par an en 1990-2000 et 2000-2015 à 12 800 hectares par an en 2015-2025.

En Asie, la superficie de forêt primaire a diminué de 1,06 million d’hectares par an sur la période 1990-2000 et de 280 000 hectares par an en 2000-2015, mais elle a progressé de 176 000 hectares par an dans la région entre 2015 et 2025. Cette nette inversion de tendance entre 1990-2015 et 2015-2025 est due principalement aux données communiquées par la Chine et l’Indonésie. L’Indonésie a indiqué un gain net annuel de superficie de forêt primaire de 148 000 hectares sur la période 2015-2025, alors qu’elle avait perdu 1,03 million d’hectares par an de forêt primaire en 1990-2000 et 286 000 hectares par an en 2000-2015. Elle a indiqué disposer de plusieurs ensembles de données pour estimer sa superficie de forêt primaire. Par conséquent, l’augmentation de la superficie de forêt primaire enregistrée en 2015-2025 correspond peut-être à des différences entre ces ensembles de données plutôt qu’à une augmentation réelle de la superficie de forêt primaire. Globalement, l’Indonésie a déclaré une perte nette de 13,1 millions d’hectares de forêt primaire entre 1990 et 2025, soit un rythme moyen de 374 000 hectares par an.

La Chine a déclaré une perte nette annuelle de forêt primaire de 19 000 hectares entre 1990 et 2000 et un gain net de 100 000 hectares par an entre 2015 et 2025. D’après les informations fournies par la Chine, cette hausse s’explique par un renforcement de la protection de l’environnement, qui a permis de reclasser en forêt primaire une partie des forêts naturellement régénérées.

En Europe, la superficie de forêt primaire a augmenté au rythme annuel moyen de 191 000 hectares en 1990-2000, de 217 000 hectares en 2000-2015 et de 153 000 hectares en 2015-2025. Le niveau de gain net plus élevé sur la période 2000-2015 est dû principalement à la Bulgarie, qui a fait état d’une augmentation nette annuelle moyenne de 11 000 hectares en 1990-2000 et de 29 000 hectares en 2000-2015, suivie d’une diminution nette annuelle moyenne de 10 800 hectares en 2015-2025. La Bulgarie a néanmoins indiqué que la superficie de forêt primaire avait été estimée à partir d’aires protégées de définition récente, depuis 2007; ces aires ont été inventoriées en 2020 et certaines forêts considérées comme des forêts primaires ont été reclassées en forêts naturelles.

La Fédération de Russie a indiqué que sa superficie de forêt primaire avait progressé de 177 000 hectares par an durant chacune des périodes examinées. Toutefois, les forêts primaires ne sont pas comptabilisées en tant que telles dans le système d’inventaire forestier russe; par conséquent, la superficie de forêt primaire a été estimée de façon approximative. L’augmentation de la superficie de forêt primaire entre 1990 et 2025 étant estimée à environ 0,1 pour cent par an, elle peut s’expliquer par les processus de reboisement naturel dans les forêts ayant subi des coupes claires 80 à 100 ans auparavant: la génération suivante de forêts s’est développée naturellement en forêts primaires.


Forêt plantée

Situation

Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des informations sur la superficie de forêt plantée (comprenant les sous-catégories «forêt de plantation» et «autre forêt plantée») en 2025 ont été reçues de 229 pays et territoires représentant près de 100 pour cent de la superficie forestière mondiale. La superficie totale de forêt plantée dans le monde est estimée à 312 millions d’hectares, soit 8 pour cent de la superficie forestière mondiale.

Sur l’ensemble des régions, l’Asie est celle qui présente la plus grande superficie de forêt plantée, avec 146 millions d’hectares, et la plus grande part de surface totale de forêt occupée par des forêts plantées (23 pour cent), suivie de l’Europe avec 80 millions d’hectares (8 pour cent) (figure 11). Si l’on exclut les données relatives à la Fédération de Russie, le pourcentage de la surface forestière totale de l’Europe correspondant à des forêts plantées augmente, passant à 29 pour cent (tableau 22).

Figure 11. Forêt plantée en pourcentage de la superficie forestière totale, par région, 2025
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TABLEAU 22. Superficie de forêt plantée, et forêt plantée en pourcentage de la superficie forestière totale, par région et sous-région, 2025
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Le tableau 23 montre les dix pays et territoires où la superficie de forêt plantée est la plus élevée en termes de pourcentage de la superficie forestière totale. Trois de ces pays et territoires – le Groenland, les Îles Féroé et le Koweït – ont déclaré que leurs forêts étaient constituées à 100 pour cent de forêts plantées. Trente-six pays et territoires ont déclaré ne posséder aucune forêt plantée.

TABLEAU 23. Dix premiers pays et territoires en termes de superficie de forêt plantée en pourcentage de la superficie forestière totale, 2025
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Évolution

Pour l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des informations sur l’évolution de la superficie de forêt plantée entre 1990 et 2025 ont été reçues de 224 pays et territoires représentant plus de 99 pour cent de la superficie forestière mondiale. La superficie des forêts plantées de la planète a augmenté de 120 millions d’hectares au cours de la période de 35 ans analysée (tableau 24). Elle a progressé dans toutes les régions, à des rythmes différents. Le rythme annuel moyen d’augmentation au niveau mondial a été le plus élevé pendant la période 2000-2015, avec 4,04 millions d’hectares, contre 3,12 millions d’hectares en 1990-2000 et 2,82 millions d’hectares en 2015-2025 (tableau 25).

TABLEAU 24. Superficie de forêt plantée, par région et sous-région, 1990-2025
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TABLEAU 25. Changement annuel de la superficie de forêt plantée, par région et sous-région, 1990-2025
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L’augmentation la plus importante de la superficie de forêt plantée en 2015-2025 a eu lieu en Asie, où cette superficie a progressé d’environ 18 millions d’hectares au cours de cette période. Le gain net annuel a été de 1,83 million d’hectares par an pendant la période 2015-2025, soit moins qu’en 2000-2015 (2,0 millions d’hectares par an), mais encore beaucoup plus qu’en 1990-2000 (1,31 million d’hectares par an). L’évolution régionale au cours de cette période de 35 ans a été fortement influencée par la Chine, qui a déclaré une augmentation annuelle de la superficie de forêt plantée de 1,07 million d’hectares pendant la période 1990-2000, de 1,61 million d’hectares en 2000-2015 et de 1,36 million d’hectares en 2015-2025.

En Asie du Sud et du Sud-Est, le gain de forêt plantée a progressé à chacune des trois périodes étudiées (1990-2000, 2000-2015 et 2015-2025). En Asie de l’Ouest et centrale, la progression en 2015-2025 a été moins de la moitié de celle de 1990-2000.

Sur l’ensemble des régions, l’Amérique du Nord et centrale arrive deuxième pour ce qui est de l’augmentation de la superficie de forêt plantée en 2015-2025, bien que la hausse annuelle moyenne ait ralenti, passant de 953 000 hectares en 1990-2000 à 752 000 hectares en 2000-2015 et à 586 000 hectares durant la dernière décennie. Ce ralentissement traduit principalement la situation aux États-Unis d’Amérique, où le gain annuel moyen de forêt plantée a chuté, passant de 462 000 hectares en 1990-2000 à 106 000 hectares en 2015-2025.

En Afrique, la superficie de forêt plantée a progressé entre 1990 et 2025, au rythme annuel moyen de 92 900 hectares en 1990-2000, de 154 000 hectares en 2000-2015 et de 190 000 hectares en 2015-2025. Ces hausses peuvent être attribuées pour l’essentiel à l’Afrique de l’Ouest et centrale, où la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Mali ont tous fait état de fortes augmentations du rythme d’expansion de leurs forêts plantées.

Le rythme annuel moyen d’augmentation de la superficie de forêt plantée s’est beaucoup ralenti en Europe en 2015-2025 par rapport aux deux périodes précédentes. Cela s’explique principalement par la situation en Fédération de Russie, où le rythme a régressé, passant de 129 000 hectares par an en 1990-2000 et 143 000 hectares en 2000-2015 à 34 900 hectares par an en 2015-2025.

En Océanie, l’augmentation annuelle moyenne de la superficie de forêt plantée s’est essoufflée, passant de 100 000 hectares pendant la période 1990-2000 à 56 700 hectares en 2000-2015 et à 23 300 hectares en 2015-2025. Ce ralentissement est dû principalement à l’Australie, où la superficie de forêt plantée a progressé de 46 200 hectares par an en 1990-2000 mais a diminué de 22 600 hectares par an en 2015-2025.

En Amérique du Sud, le rythme annuel moyen d’augmentation de la superficie de forêt plantée a fortement fléchi au cours de la dernière décennie, des changements concernant la superficie de forêts de plantation du Brésil ayant été signalés (voir ci-dessous). L’Équateur a fait état d’une perte nette de sa superficie de forêt plantée au cours de la dernière décennie, et les chiffres de tous les autres pays d’Amérique du Sud, hormis l’État plurinational de Bolivie et le Paraguay, montrent un ralentissement des gains de forêt plantée en 2015-2025 par rapport à 2000-2015.


Forêts de plantation et autres forêts plantées

Situation

La présente analyse de la situation des forêts de plantation et des autres forêts plantées9 en 2025 se fonde sur les données communiquées par 229 pays et territoires représentant près de 100 pour cent de la superficie forestière mondiale.

Au niveau mondial, les forêts de plantation occupent 158 millions d’hectares, soit un peu plus de la moitié de la superficie totale de forêt plantée et près de 4 pour cent de la superficie forestière totale. Le reste comprend les «autres forêts plantées», qui couvrent 155 millions d’hectares.

La plus grande partie des forêts de plantation se trouve en Amérique du Sud, où cette sous-catégorie forme près de 100 pour cent de la superficie totale de forêt plantée; les forêts de plantation constituent également l’essentiel de la superficie totale de forêt plantée en Océanie (92 pour cent), en Afrique (83 pour cent) et en Asie (71 pour cent) (tableau 26; figure 12). Le tableau 27 montre les dix pays et territoires ayant la superficie de forêt de plantation la plus élevée en termes de pourcentage de la superficie forestière totale, le Groenland et les Îles Féroé arrivant en tête avec 100 pour cent.

TABLEAU 26. Superficie de forêt de plantation et d’autre forêt plantée, par région et sous-région, 2025
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Figure 12. Forêts de plantation et autres forêts plantées en pourcentage de la superficie de forêt plantée, par région et au niveau mondial, 2025
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FIGURE 13. Forêts de plantation et autres forêts plantées en pourcentage de la superficie totale de forêt plantée, par région et au niveau mondial, 1990-2025
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TABLEAU 27. Dix premiers pays et régions de plantation forestière en proportion de la superficie forestière totale, 2025
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Les autres forêts plantées constituent 94 pour cent de la superficie totale de forêt plantée en Europe et 69 pour cent en Amérique du Nord et centrale.


Évolution

Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des informations sur l’évolution de la superficie des forêts de plantation et des autres forêts plantées pendant la période 1990-2025 ont été reçues de 224 pays et territoires représentant plus de 99 pour cent de la superficie forestière mondiale.

La superficie de forêt de plantation dans le monde a progressé de 71,3 millions d’hectares au cours de la période, à un rythme annuel plus élevé entre 2000 et 2015 (tableau 28). Le gain annuel moyen a augmenté pour passer de 1,67 million d’hectares pendant la période 1990-2000 à 2,53 millions d’hectares en 2000-2015 avant de redescendre à 1,67 million d’hectares en 2015-2025.

TABLEAU 28. Changement annuel de la superficie de forêts de plantation, par région et sous-région, 1990-2025
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La superficie des autres forêts plantées a augmenté de 48,7 millions d’hectares entre 1990 et 2025. Au niveau mondial, le gain annuel moyen s’est élevé à 1,46 million d’hectares pendant la période 1990-2000, 1,51 million d’hectares en 2000-2015 et 1,15 million d’hectares en 2015-2025. Le rythme d’augmentation de la superficie des autres forêts plantées s’est ralenti en 2015-2025 dans toutes les régions hormis en Amérique du Nord et centrale et en Amérique du Sud (tableau 29). La figure 13 montre le pourcentage de forêt plantée occupée par des forêts de plantation et d’autres forêts plantées. Les autres forêts plantées ont gagné plus de 400 000 hectares par an en 2015-2025 en Asie (471 000 hectares) et en Amérique du Nord et centrale (439 000 hectares). Le rythme d’expansion des autres forêts plantées a été plus faible en Europe durant la dernière décennie – 187 000 hectares par an – qu’en 2000-2015 (491 000 hectares par an).

TABLEAU 29. Changement annuel de la superficie des autres forêts plantées, par région et sous-région, 1990-2025
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La superficie de forêts de plantation a progressé à chacune des trois périodes analysées (1990-2000, 2000-2015 et 2015-2025) dans toutes les régions à l’exception de l’Europe, où elle a reculé durant la dernière décennie. La superficie des autres forêts plantées a augmenté dans toutes les régions pendant les trois périodes.

La hausse de la superficie de forêts de plantation enregistrée au cours des 35 dernières années a été dominée par l’Asie, qui a fait état d’un gain annuel moyen de 992 000 d’hectares pendant la période 1990-2000, de 1,50 million d’hectares en 2000-2015 et de 1,36 million d’hectares en 2015-2025. La forte augmentation de 2000-2015 est due en grande partie au lancement de grands programmes de reboisement en Chine. En Afrique, le gain annuel moyen de forêt de plantation a augmenté durant chacune des trois périodes étudiées, passant de 63 600 hectares pendant la période 1990-2000 à 97 800 hectares en 2000-2015 et à 141 000 hectares en 2015-2025. La part des forêts de plantation dans la superficie totale de forêt plantée a reculé dans la région, passant de 92 pour cent en 1990 à 83 pour cent en 2025.

En Océanie, la superficie de forêts de plantation a progressé de 100 000 hectares par an en 1990-2000, de 36 100 hectares par an en 2000-2015 et de 20 200 hectares par an en 2015-2025. La part des autres forêts plantées dans la superficie totale de forêt plantée a augmenté pour passer de 1 pour cent en 1990 à 8 pour cent en 2025.

En Amérique du Sud, le rythme d’expansion des forêts de plantation a très fortement ralenti en 2015-2025 (13 000 hectares par an) par rapport à 1990-2000 (199 000 hectares par an) et 2000-2015 (568 000 hectares par an). Le Brésil a communiqué une perte nette de 72 400 hectares de superficie de forêt plantée en 2015-2025, alors qu’il avait enregistré un gain global de 419 000 hectares par an en 2000-2015.

En Europe, la superficie de forêts de plantation a diminué au rythme annuel moyen de 9 500 hectares sur la période 2015-2025, alors qu’elle avait augmenté auparavant.


Plantations d’espèces introduites

Situation

Sur les 229 pays et territoires ayant communiqué des données sur leur superficie de forêts de plantation en 2025, 210 – soit 94 pour cent de la superficie forestière mondiale – ont précisé la superficie de forêts de plantation composées d’espèces introduites. Sur ce nombre, 20 ont indiqué n’avoir aucune espèce introduite, toutes leurs forêts de plantation étant constituées d’espèces indigènes.

Sur l’ensemble de la planète, la superficie des forêts de plantation composées d’espèces introduites s’élève à 65,2 millions d’hectares, soit 1,7 pour cent de la superficie forestière totale des pays et territoires ayant communiqué des données et 44 pour cent de leur superficie totale de forêts de plantation (tableau 30).

TABLEAU 30. Superficie des forêts de plantation composées d’espèces introduites, par région et sous-région, 2025
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C’est l’Asie qui affiche la plus grande superficie de forêts de plantation composées d’espèces introduites avec 35,4 millions d’hectares (36 pour cent de la superficie totale de forêt de plantation de la région), suivie de l’Amérique du Sud avec 16,1 millions d’hectares; l’Amérique du Sud est également la région où le pourcentage des forêts de plantation composées d’espèces introduites est le plus élevé (95 pour cent). Ce pourcentage atteint 100 pour cent dans 38 des pays ayant communiqué des données, dont 12 en Afrique de l’Est et australe, la sous-région qui se classe première en termes de pourcentage des forêts de plantation composées d’espèces introduites (97 pour cent de la superficie totale de forêt de plantation). Eucalyptus et Pinus sont les espèces introduites les plus fréquentes en Afrique de l’Est et australe, où elles représentent 45 et 38 pour cent, respectivement, de la surface totale plantée d’espèces introduites.


Évolution

Des informations sur l’évolution de la superficie de forêts de plantation composées d’espèces introduites étaient disponibles pour 202 pays et territoires représentant 92 pour cent de la superficie forestière mondiale (tableau 31).

TABLEAU 31. Superficie de forêts de plantation composées d’espèces introduites, en pourcentage de la superficie totale de forêt de plantation, par région et sous-région, 1990-2025
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La superficie des forêts de plantation du monde composées d’espèces introduites a augmenté de 34,0 millions d’hectares entre 1990 et 2025, et la part de ces forêts dans la superficie totale de forêt de plantation a progressé pour passer de 37 pour cent en 1990 à 44 pour cent en 2025. L’augmentation de ce pourcentage a été particulièrement marquée en Asie de l’Est puisqu’il est passé de 13 pour cent en 1990 à 30 pour cent en 2025. En Afrique, la part des forêts de plantation composées d’espèces introduites est demeurée stable pour l’essentiel durant la période.


Mangroves

Les mangroves sont des formations arborescentes et arbustives sempervirentes tolérantes au sel, qui poussent dans les zones intertidales des régions littorales tropicales et subtropicales et des côtes abritées de certaines régions tempérées, dans des deltas, des estuaires, des rivières et des lagons peu profonds. Les écosystèmes des mangroves assurent de nombreuses fonctions socioéconomiques et écologiques importantes. Par exemple, ils produisent une grande variété de produits forestiers ligneux et non ligneux, contribuent à la protection du littoral et des récifs coralliens, jouent un rôle important dans les cycles de vie de bon nombre d’espèces marines, et participent à la conservation de la biodiversité. Les mangroves font partie des écosystèmes du monde les plus productifs et constituent d’importants puits de carbone; elles apportent des contributions déterminantes à de multiples objectifs de développement durable.


Situation

Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des informations sur les mangroves en 2025 ont été reçues de 226 pays et territoires, dont 116 ont indiqué abriter des forêts de mangrove (les 110 autres ont déclaré ne pas en avoir). À l’échelle mondiale, la superficie de mangrove est estimée à 15,9 millions d’hectares (tableau 32). La plus grande superficie de mangrove se trouve en Asie (6,10 millions d’hectares), tandis que l’Europe a déclaré ne pas avoir de mangrove. De tous les pays et territoires, l’Indonésie est celui qui en possède la plus grande superficie avec 3,40 millions d’hectares, suivie du Brésil (1,39 million d’hectares), de l’Australie (1,11 million d’hectares), du Nigéria (976 000 hectares) et du Mexique (947 000 hectares). Ensemble, ces cinq pays abritent près de la moitié (49 pour cent) des mangroves de la planète.

TABLEAU 32. Superficie de mangrove, par région et sous‑région, 2025
Note: n.s. = non significatif.
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Évolution

Dans le cadre de l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, des informations sur l’évolution de la superficie de mangrove ont été reçues de 219 pays et territoires10.

Au niveau mondial, la superficie de mangrove a progressé de 197 000 hectares entre 1990 et 2025 (tableau 33; figure 14), les hausses ayant concerné toutes les régions hormis l’Afrique. Le rapport publié par la FAO sur les mangroves du monde, qui couvrait la période 2000-2020 (FAO, 2023d), a conclu que l’augmentation de la superficie de celles-ci était due à la restauration et à l’expansion naturelle, l’importance relative de ces deux processus variant peu entre les régions. La superficie de mangrove a reculé entre 1990 et 2015 au rythme annuel moyen de 29 300 hectares en 1990-2000 et de 11 300 hectares en 2000-2015. Elle a toutefois gagné du terrain au cours de la dernière décennie (en moyenne 65 900 hectares par an).

TABLEAU 33. Superficie de mangrove et changement annuel, par région et sous-région, 1990-2025
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FIGURE 14. Superficie totale des mangroves, 1990-2025
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Parmi les régions, c’est en Asie que la progression a été la plus élevée en 2015-2025, avec 44 100 hectares par an, principalement en raison des hausses communiquées par l’Indonésie. Des augmentations de la superficie de mangrove au cours de la dernière décennie ont été déclarées concernant l’Amérique du Nord et centrale et l’Océanie, tandis que des diminutions ont été déclarées concernant l’Afrique et l’Amérique du Sud. Néanmoins, le recul des mangroves en Afrique s’est considérablement ralenti puisque, de 6 420 hectares par an sur la période 1990-2000, le continent est passé à 2 770 hectares par an entre 2015 et 2025.

La superficie de mangrove en Amérique du Sud a augmenté de 7 590 hectares par an en 2000-2015, principalement du fait du Guyana, qui a déclaré une augmentation annuelle moyenne de 13 000 hectares pendant la période, grâce en partie à un projet de restauration de mangrove et en partie à des améliorations de la cartographie (par conséquent, la hausse n’est pas nécessairement révélatrice de changements réels de la superficie de mangrove).


Bambous

Le bambou est largement présent dans les domaines climatiques tropical, subtropical et tempéré. Il produit divers produits forestiers non ligneux importants ayant de nombreux usages traditionnels, mais aussi des matériaux industriels pour la construction et le mobilier, soit sous sa forme naturelle, soit sous une forme reconstituée (planches et des panneaux lamellés, par exemple). Les pousses de bambou constituent un aliment de plus en plus consommé.


Situation et évolution

Sur les 158 pays ayant communiqué des données sur le bambou pour l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, 33 ont indiqué avoir des forêts de bambou. Les ressources totales en bambou dans ces pays sont estimées à 30,1 millions d’hectares, dont 21,2 millions d’hectares (70 pour cent) se trouvent en Asie, l’Inde et la Chine comptant pour 11,8 millions d’hectares et 8,53 millions d’hectares, respectivement (tableau 34). La superficie mondiale de forêt de bambou a augmenté de 8,05 millions d’hectares entre 1990 et 2025, en grande partie du fait des hausses enregistrées en Chine et en Inde; la superficie totale a toutefois diminué depuis 2015 (figure 15).

TABLEAU 34. Superficie de forêt de bambou, par région et sous-région, 2025
Note: n.s. = non significatif.
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FIGURE 15. Superficie totale de forêt de bambou, 1990-2025
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Plantations d’hévéas

Les plantations d’hévéas sont importantes dans certaines régions, en particulier en Asie. Même si leur principale finalité est de produire du latex, elles sont incluses dans l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025 car le bois d’hévéa est un produit important. Cependant, certains pays classent les plantations d’hévéas dans les cultures arboricoles et ne les incluent donc pas dans leurs statistiques forestières.


Situation et évolution

Sur les 192 pays et territoires ayant communiqué des données sur cette variable pour l’Évaluation des ressources forestières mondiales 2025, 20 ont indiqué avoir des plantations d’hévéas. Plusieurs importants pays producteurs de caoutchouc n’ont toutefois pas transmis de chiffres sur leurs plantations d’hévéas et manquent dans les totaux présentés ici, ce qui signifie que les ressources mondiales en plantations d’hévéas sont certainement sous-estimées.

La superficie totale de plantations d’hévéas dans les 20 pays ayant communiqué des données est estimée à 10,9 millions d’hectares, situés principalement en Asie du Sud et du Sud-Est, où la superficie déclarée représente plus des trois quarts du total mondial (tableau 35). La Thaïlande affiche la plus grande superficie de plantations d’hévéas parmi les pays ayant communiqué des données, avec 3,31 millions d’hectares. La superficie totale de plantations d’hévéas a augmenté de 992 000 hectares entre 1990 et 2025 d’après les estimations (figure 16).

TABLEAU 35. Superficie de plantations d’hévéas, par pays déclarant, 2025
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FIGURE 16. Superficie totale de plantations d’hévéas, 1990-2025
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