No. 1/2, 1996 - Rome, Janvier/Février 1996
L'offre mondiale de céréales reste limitée et les prix sont montés. Les stocks mondiaux ont été réduits à des niveaux très inférieurs à ceux que la FAO juge nécessaires pour sauvegarder la sécurité alimentaire. Le coût toujours élevé des importations de céréales a de graves répercussions sur les pays à faible revenu et à déficit alimentaire; le coût global de leurs importations aurait augmenté, d'après les estimations, de 3 milliards de dollars E.-U., soit près d'un quart en 1995/96.
En 1996, un accroissement minimum de la production céréalière de 4 pour cent environ est nécessaire pour faire face aux besoins de consommation prévus en 1996/97 et éviter une nouvelle détérioration de la sécurité alimentaire mondiale. Pour l'instant, les perspectives des récoltes en 1996 indiquent une reprise de la production, malgré les préoccupations actuelles concernant la récolte de blé des Etats-Unis. Les emblavures de blé d'hiver se sont beaucoup accrues dans plusieurs grandes régions productrices et certains facteurs indiquent que la superficie des céréales de printemps augmentera aussi. Toutefois, l'issue finale dépendra en grande partie du temps qu'il fera dans les mois à venir.
Les approvisionnements alimentaires restent précaires dans plusieurs pays en développement. La situation est aggravée par la hausse du coût des importations céréalières et la réduction des disponibilités d'aide alimentaire, dont on prévoit pour l'instant qu'elles atteindront leur niveau le plus faible depuis 20 ans, tandis que les besoins globaux augmentent. Par conséquent, beaucoup de pays en développement auront de graves difficultés à combler leurs déficits alimentaires par des importations.
Les prévisions actuelles fixent à 201 millions de tonnes le volume du commerce mondial de céréales en 1995/96. En dépit des prix élevés, les importations de blé devraient augmenter durant l'exercice, celles de céréales secondaires ne devraient pas varier et le commerce du riz devrait se rapprocher des niveaux records. Les importations de céréales des pays en développement devraient continuer à augmenter, atteignant 145 millions de tonnes, soit près des trois quarts du volume des échanges céréaliers mondiaux.
Les prix des exportations de céréales restent soumis à une forte pression du fait de l'exiguïté des disponibilités. Les prix du blé ont encore augmenté sous l'effet des achats massifs et de l'inquiétude face aux dégâts que pourrait subir la récolte de céréales d'hiver de 1996 aux EtatsUnis. Les prix du maïs augmentent régulièrement par suite de la forte demande d'aliments fourragers. Les cours internationaux du riz de qualité se sont relevés à nouveau en janvier en raison de la limitation des disponibilités exportables de la Thaïlande.